ENFORCER : « Zenith » (c) 2019

ENFORCER : « Zenith » (c) 2019

Zenith
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Publié: 26/04/2019

2 ans putain ….euh … on dirait le Chirac des guignols ! Donc reprenons ….2 ans que ce « Zenith » d’ ENFORCER est sorti … et c’est aussi le temps qu’il m’aura fallu pour digérer ce 5ème album des suédois. Car en toute honnêté, ma 1ère réaction fut la même que bon nombre de fans du groupe à l’époque, un rejet du fait de l’écart trop important .. de prime à bord … avec ses prédécesseurs bien plus rentre dedans et speed. Non seulement la majorité des titres étaient mid-tempo mais en plus certains s’éloignaient du heavy et sonnaient hard voire AOR .. et on n’attendait pas forcément cela du groupe. Alors comme un couillon, je n’ai pas donné sa chance à cet opus, ne l’ai écouté que 2 fois en gardant à l’esprit cette fausse idée .. à tord. Oui à tord car ce disque est une vraie réussite, avec un sacré travail de composition, de mélodies et d’arrangements. Un des reproches faits à l’album à sa sortie avait été qu’il partait dans tous les sens … et il est vrai qu’il est varié dans les styles mais c’est ce qui justement en fait sa force … et son identité. « Zenith » n’est pas un album de pur speed metal mélodique comme pouvaient l’étre les premières sorties du groupe … Durant 10 titres, le groupe nous invite dans un voyage dans le temps et dans les styles qui ont bercé les fans de hard des 80s, et avec panache. « From Beyond » avait laissé transparêtre des envies d’Olof d’élargir le spectre musical d’Enforcer mais pas forcément dans le registre abordé sur « Zenith ». On aurait pu penser à un durcissement de ton comme le laissaient présager les derniers titres de l’album comme les furieux « Hell Will Follow » et « Mask Of Red Death » … mais cela aurait été trop facile et le choc fut d’autant plus grand.
Alors on retrouve bien le Enforcer speed des 1ers disques sur les très bons « Searching For You » (avec un bien bel hommage à Sortilège .. écouter le tout début du titre .. puis celui de « Messager » juste après 😉 ) et « Thunder And Hell » furieux à souhait mais la surprise venait déjà du 1er titre ouvrant l’album « Die for The Devil » très scorpionesque ou sur ce mid-tempo absolument jouissif « Zenith of The Black Sun » digne de la grande époque de Dio, sur le très réussi heavy « The End of a Universe » mélange étonnant entre un Europe ayant bouffé du lion et un riff me rappelant par moment celui du « For Whom The Bells Toll ». Mais là où les suédois allaient titiller nos sens (et ses fans !), c’était sur des titres comme ce « Sail On » très mélodique et assez …. disco avec ses guitares aux sonorités étonnantes mais que c’est bon, rémuant et puis quel solo de guitare lumineux. Ca swingue et pour le coup, c’est vraiment étonnant d’entendre Enforcer dans ce registre mais le talent de compositeur et d’interprètre fait qu’on devient accro à ce titre ..
« One Thousand Years of Darkness » quant à lui étonne pas ses claviers ici et là et sonnait assez power metal pour le coup.
« Forever We Worship the Dark » possède un petit air du titre « From Beyond » en moins sombre et avec beaucoup de choeurs. Et bien évidemment il y a cette ballade, « Regrets » qu’on n’aurait jamais cru pouvoir entendre sur un disque des suédois .. commençant pas un piano voix puis ce refrain assez kitsch mais on se laisse prendre et séduire avec ces interventions de guitares rappelant celles de Jabs sur les ballades de Scorpions et cette mélodie qui reste dans le cerveau au fil des écoutes. Enfin le groupe propose en guise de conclusion est bien belle pièce étonnante de quasi 7 minutes, « Ode To Death » durant laquelle Olof semble vouloir rendre hommage à Manowar et le résultat est plutôt réussi : une belle intro calme avec ces guitares acoustiques et ce très beau chant posé d’Olof puis l’ensemble part en morceau de bravoure épique heavy avec ce refrain grandiloquant, suivi de soli de guitare et … de basse clin d’oeil à Joey DeMaio certainement pour terminer sur un final grandiose avec ces cris d’Olof rappelant ceux d’Eric Adams.
Au final .. on se retrouve avec une album qu’on a envie de détester … mais on abandonne vite et l’envie d’appuyer sur la touche « replay » est trop forte …. et l’on cède …pauvre hardos qui nous sommes, amoureux des riffs et des mélodies faisant mouche.
Ce « Zenith » est un grand hommage à tous les groupes ayant donné envie à Olof de se mettre à la musique tant les références et les clins d’oeils volontaires sont présents. Alors oui, après un « From Beyond » dantesque (l’un des meilleurs albums du genre des 10 dernières années) et ayant une sacrée personnalité, on attendait les suédois ailleurs que dans un album en forme d’hommages aux groupes des 80s et aussi variés. Et je dois dire que c’était courageux de leur part .. et pour le coup, ils nous ont donné un sacré coup de pied dans le cul et on ne l’avait pas vu venir ..et c’est peut être cela qui nous avait décontenancé … car on ne peut pas nier la grande qualité des titres et leur accroche addictive.
Alors non, il ne s’agit pas du meilleur album du groupe et encore moins un chef d’oeuvre, mais en revanche un très bon album qui je trouve au final plus réussi que « Death By Fire » par exemple, car bien plus surprenant, varié et tellement accrocheur.
Un disque à réhabiliter bien évidemment !

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