ACCEPT : « Too Mean To Die » (c) 2021

ACCEPT : « Too Mean To Die » (c) 2021

Too Mean To Die
Catégorie:
Étiquette:
Publié: 29/01/2021

Accept est l’un des premiers groupes de hard à être entré dans mon monde .. en 1986 avec le génial « Russian Roulette ». J’avais succombé à l’époque à ce chant erraillé d’UDO mais toujours mélodique, à ces riffs heavy et d’une précision redoutable, à ces choeurs de l’armée rouge … et j’avais en peu temps acheté leur disco complète en 33t … un série de chefs d’oeuvres de « Breaker » à « Russian Roulette » .. puis Udo avait décidé de se faire la malle …
Après un album pas mauvais en soi (« Eat The Heat ») avec David Reece au chant incluant quelques très bons titres (« Hellhammer », « Turn The Wheel », « Generation Clash », « Mistreated ») mais ne sonnant plus trop comme du Accept, Udo était revenu au bercail en 1993 pour un album qu’on espérait plus, le très bon « Objection Overruled ». Mais l’euphorie ne dura pas longtemps et le soufflet retomba très vite avec le mauvais et peu inspiré « Death Row » puis un « Predator » revenant à de meilleurs dispositions mais loupé. En 1997 les allemands jetèrent l’éponge. Le groupe tenta une retour avec une reformation avec Udo le temps d’une tournée en 2005 .. qui tourna court et ne déboucha sur rien de concrêt, Udo retournant à son groupe U.D.O. Il fallut attendre 2010 pour voir Accept revenir pour de bon, avec un nouveau chanteur Mark Tornillo à la voix éraillée très proche de celle d’UDO. Grandement aidés par le producteur Andy Sneap, les 5 allemands enregistrèrent le très bon « Blood Of The Nations » rappelant la grande époque du groupe, avec des compos au niveau. Une vraie réussite suivie rapidement par le très bon et énervé « Stalingrad », et un « Blind Rage » sympathique mais un bon cran en dessous (trop de titres dont certains peu mémorables). Malheureusement après le départ de Franck Herman, c’était au tour du très bon batteur Stefan Schwarzmann de quitter la navire et cela s’en fit ressentir sur « The Rise Of Chaos », un album peu inspiré et vite oubliable. Le moins bon album des allemands depuis « Predator » … et la désertion continua l’année suivante avec le départ de Peter Baltes, unique rescapé du groupe du line-up original avec Wolf et fidèle depuis quasi 40 ans …. de quoi être septique et inquiet quant à l’avenir du groupe pour les fans de la 1ère heure que nous sommes … d’autant plus que les 3 premiers extraits ne m’avaient pas plus embalé que cela.

Après quelques écoutes du nouvel album d’Accept … disons que c’est moins pire que prévu … comme quoi il faut se méfier des premiers extraits sortant avant un album. On y trouve quelques bons titres et dans l’ensemble, je le trouve largement au dessus de son prédécesseur qui m’avait grandement ennuyé. Il ne faut pas s’attendre à des hymnes de la sacro sainte période 1981-1986 ni à la qualité d’un « Blood Of The Nations » ou « Stalingrad » mais on retrouve ici et là de sacrées bonnes idées, riffs rappelant ces 2 albums et même le « Objection Overruled ». Le point fort ? Les soli de Wolf Hoffmann vraiment excellents et inspirés reconnaissables entre mille. Chose étonnante, mon titre préféré (pour l’instant) est la power ballade « The Best Is Yet To Come » vraiment magnifique. Le point faible ? la plupart des refrains (surtout la première partie de l’album) peu mémorables alors que c’était avant leur grande force.
Mais ne faisons pas la fine bouche car le groupe (enfin Wolf Hoffmann …) a réussi à composer quelques très bons titres comme « Overnight Sensation » et son côté très hard rock qu’on trouvait sur certains titres de « Russian Roulette » ou « Objection Overruled », avec cette batterie très groovy et ces gros choeurs typiques du groupe, le rapide et inspiré « No Ones Master » drivé par ce riff et cette mélodie de guitare et une ligne de chant bien trouvée cette fois ci et cette avalanches de soli de Hoffmann enchainées avec ces harmonies à plusieurs guitares qu’on espérait plus. Vraiment une réussite ce titre. Comme évoqué plus haut, et aussi étrange que cela puisse sembler, mon titre préféré de cette galette est la power ballade « The Best Is Yet To Come » … car si bien composée .. tout coule de source, elle ne semble pas du tout forcée avec Tornillo à la voix claire et calme magnifique dans les couplets .. nous rappelant même un peu lorsque Baltes chantait « Seawind » ou « Breaking Up Again » .. Wolf ponctuant de quelques notes de guitares tout en touché du plus bel effet alors que la musique devient heavy sur un refrain enfin bien trouvé. Un autre titre m’ayant vraiment plu sur cette galète est « How Do We Sleep » heavy et entrainant avec un riff parfait, la voix de Tornillo au poil et un refrain plus recherché que d’habitude avec en fond ces choeurs rajoutant un côté solennel bien venu, des changements rythmiques ici et là rendant le titre passionnant. Enfin « Not My Problem » est un très bon brûlot en tempo enlevé simple et efficace … et qui aurait du ouvrir l’album. Avec déjà ces 5 titres vraiment très bons, ce « Too Mean To Die » fait déjà beaucoup mieux que son prédécesseur .. mais dommage que le reste ne soit pas de cette qualité. Non pas que ces autres chansons sont mauvaises, loin de là .. mais elles ne sont guère mémorables. C’est bien fait, des riffs solides, des choeurs puissants mais on ne les retient pas et leur mélodie est trop bateau : « Zombie Apocalypse » bien triste mise en bouche et peu mémorable, « Sucks To Be You » (son riff qui rappelle des titres d’ « Objection Overruled » encore une fois), « Too Mean To Die » (pourtant il y aurait eu moyen d’en faire un sacré bon brulot .. mais le refrain tellement quelconque tue le morceau), « Symphony Of Pain » plein de bonnes intentions (la partie intrumentales chouette de Wolf revisitant le classique à sa façon) mais encore tué par son refrain et au final trop lourdaud. Restent les cas « The Undertaker » et l’instrumental « Samson & Deliah » … le 1er est un titre à ambiance .. et je dois dire que j’aime bien l’idée et cette atmosphère inquiétante donnée par le chant adopté par Tornillo dans les couplets … mais encore une fois plombé par un refrain mal trouvé rappelant les mauvais titres du groupe solo d’Udo … et c’est dommage car ce titre avait de bonnes idées et les interventions de la guitare de Hoffmann réussies … mais je n’arrive pas au final avec ce titre dès que le refrain arrive, je décroche. Quant à l’instrumental … il fait le job mais soyons honnête, il ne casse pas 3 pattes à un canard et aussitôt écouté aussitôt oublié.
De mes différentes écoutes en ressort un sentiment mitigé … clairement il ne s’agit pas d’un mauvais album … loin de là .. mais encore moins d’un disque essentiel et indispensable. Dommage que le groupe n’ait pas pris plus de temps pour avoir un disque plus consistant .. car 5 très bons titres et le reste juste moyen … on était en droit d’attendre mieux des allemands. Peux être en attendais je trop ? Mais cela est un peu normal pour un groupe ayant pondu des chefs d’oeuvre de heavy comme « Breaker », « Restless & Wild » et « Balls To The Wall » …. A l’heure où la concurrence est rude avec des jeunes groupes sortant des pépites de heavy et de hard, cet album d’Accept ne tient pas la comparaison même si son écoute est globalement agréable. Peut être est-ce la perte de tous les autres membres du line up orignal qui a rendu la musique d’Accept plus banale et moins inspirée ?
Plus qu’à espérer un retour de Baltes (et pourquoi pas de Jörg Fisher ??). Pétard semi mouillé donc.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rate this review