SAXON : « Carpe Diem » (c) 2022

SAXON : « Carpe Diem » (c) 2022

Carpe Diem
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Publié: 04/02/2022
SAXON mérite le respect. Voilà un groupe qui n’a jamais laché l’affaire même lorsque le destin ne fut pas le plus clément pour les anglais. Le groupe n’est pas passé loin de connaître un succès à la Maiden mais quelques choix faits au mauvais moment et un management pas aussi aussi solide que celui de la Vierge de Fer les a empêché de gravir la dernière marche .. mais qu’à cela ne tienne, Biff & co n’ont jamais baissé les bras et malgré une période de flottement de la moitié de 80s jusqu’à au début des 90s, ils ont continué à enchainer albums et tournées durant les décennies suivantes avec de temps en temps des très bons albums (« Solid Ball Of Rock », « Call To Arms ») mais aussi des pépites comme « Unleash The Beast » ou « The Inner Sanctum ». Mais à chaque fois, même dans le cas d’albums juste bons, le groupe arrivait à dégainer quelques excellents brûlots en proposant ce qu’ils savaient le mieux faire, un heavy metal burné puisant ses origines dans les 80s bien entendu mais avec une prod actuelle. Un peu à l’instar de la bande à Lemmy, avec lesquels Saxon a du reste croiser le fer lors de nombreuses tournées communes dans le passé (1979, 1981, 1992, 2005, 2008, 2015). Mais depuis quelques albums, la bande à Biff s’était un peu relachée avec 3 albums montrant un manque d’inspiration, malgré l’arrivée derrière de la console d’Andy Sneap et son gros son. Des bons titres ici et là … mais malheureusement trop de titres juste moyens montrant un groupe en pilotage automatique et quelques fois sans âme. Alors autant dire que je n’abordais pas forcément la 1ère écoute de « Carpe Diem » de la façon la plus sereine …mais déjà la pochette m’inspirait confiance, sentant bon les landes anglaises .. et puis le logo rouge du 1er album était de retour !
Et là BIM !! La grosse claque … du 1er au dernière titre, aucun remplissage, juste 10 titres et 45 minutes d’un heavy metal bougrement efficace très puissant tantôt speed tantôt mid tempo lourd mais surtout toujours très accrocheur avec un sens de la mélodie enfin retrouvé par Biff Byford .. et surtout ce supplément d’âme faisant qu’on y croit … oui et c’est ce qui rend cet album si attenchant et agréable à écouter, on ressent la conviction et l’envie des musiciens de nos mettre une vraie rouste sans un seul temps mort, sans une seule minute d’ennui.
La musique de quintet est globalement plus puissante qu’à l’accoutumée avec un son de fou proposé par Sneap mais cette fois ci sans trop en faire et pas trop bodybuildé comme cela avait pu être le cas dans le passé. Vous voulez des déflagrations façon speed metal ? Prenez ces « Carpe Diem » (traitant du mur d’Hadrien construit par l’empereur romain du même nom à la frontière de l’Angeterre et de l’Ecosse pour se protéger des invasions des « barbares » du Nord), « Dambusters » (hommage à ces pilotes de Lancasters de l’escadron 617 qui bombardèrent les barrages sur la Ruhr durant la 2nde guerre mondiale), « Super Nova » ou la furie speed metal terminant l’album, « Living On The Limit » avec ce riff de malade (qui étonnement me rappelle certains riffs de … Bad Religion !), l’un de mes titres préférés de l’album.
Même quand SAXON ralentit le tempo, la musique reste heavy et surtout très inspirée comme « Age Of Steam » .. encore une fois quel riff à vous arracher la tête ! On est aussi frappé par la performance vocale tout bonnement hallucinante de Biff Byford sur ce titre bien sur mais aussi sur tous les autres titres. Il n’a jamais aussi bien chanté, sa voix s’est bonifiée avec l’age et il envoie comme jamais, un exploit sachant que le chanteur a 71 ans ! L’une des autres forces de cet opus sont aussi les soli et harmonies des 2 guitaristes en grande forme, le fondateur Paul Quinn et Doug Scarratt, rajoutant à l’excellence des titres. « Remember The Fallen », hommage aux personnes décédées du covid est également un franche réussite, un très beau morceau heavy avec un refrain ayant un petit coté épique fort sympathique, rythmé par la batterie de Nigel Glockler impeccable derrière ses futs.
Au milieu de ce déluge de riffs en acier trempé, SAXON s’offre une escapade un peu moins heavy mais très réussie, « The Pilgrimage » nous replongeant en 1984 avec le titre « Crusader » avec une pincée du très bon « Broken Heroes » d’ « Innocence Is No Excuse », avec cette intro laissant déjà présagée un moment de bravoure épique, suivi de ces quelques arpèges de guitares sur fond d’un riff puissant. Un titre dont SAXON  a le secret et qu’il arrive à composer quand il est au meilleur de sa forme (rappelez vous « The Great White Buffalo », « Thin Red Line », « Red Star Falling »), avec une sacrée dynamique, comme ce petit break calme préparant à un solo mélodique tout en feeling d’une telle beauté. Assurément le moment fort de l’album. « Lady In Grey » est également envoutant mariant des riffs très heavy et un chant très mélodique de Biff Byford d’où se dégage une certaine mélancolie. Pas le titre le plus facile d’accès à l’inverse des autres titres mais qui rélève ses charmes au fil de ses écoutes. Etonnant mais fort réussi.
Avec ce 23ème album studio, SAXON a frappé un très grand coup avec un disque en tout point remarquable, en ne proposant que 10 titres mais tous imparables et d’une grande qualité, donnant au final l’opus des anglais le plus équilibré et le plus consistant depuis « The Inner Sanctum ». Réussite totale !

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