BLUE ÖYSTER CULT : « Cultösaurus Erectus » (c) 1980

BLUE ÖYSTER CULT : « Cultösaurus Erectus » (c) 1980

Cultösaurus Erectus
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Publié: 14/06/1980
Les années 70s avaient vu l’émergence de groupes formidables comme Led Zeppelin, Deep Purple, Rainbow ou Black Sabbath tous ayant rencontré beaucoup de succès, puis il y avait quelques groupes un peu en retrait bien qu’ayant gouté au succès et qui ont joué une musique moins immédiatement accrocheuse que celle des groupes mentionnés précédemment. BLUE OYSTER CULT fait partie de ceux-la, les américains ont toujours eu un côté surnaturel, étrange et une musique qui demandait un peu plus d’attention. Les 3 premiers albums du groupes se voulaient assez directs, avec un hard rock puisant ses origines dans le blues et mis à une sauce assez sauvage où les guitares jouaient les premiers rôles.
Mais dès 1976 et « Agents Of Fortune » le groupe commença à diversifier le propos incluant un saxo, des claviers sur plusieurs titres et la musique se voulait moins crasseuse que par le passé, avec un son et des ambiances plus travaillées comme sur le génial « (Don’t Fear) The Reaper ». Cette évolution continua sur « Spectres » (avec succès) et avec « Mirrors » qui marqua le pas et bien trop sucré et peu intéressant.
Les américains devaient se reprendre, retrouver leur splendeur, leur côté inquiétant et leur force créatrice … et ils le firent de la plus belle des façons avec le fantastique « Cultösaurus Erectus » .. et en ayant l’idée lumineuse de faire appel à un certain Martin Birch derrière la console et comme producteur (le monsieur avait travaillé sur les plus grands albums des 70s (In Rock, Machine Head, Burn, Rising, Ready an’ Willing, Heaven & Hell ..) et il allait faire un bien fou au groupe, les obligeant à se surpasser et à quitter leur zone de confort et leurs habitudes. Et cela s’entend !
Dès « Black Blade », on est frappé par le son énorme enfin au niveau des autres grands groupes de l’époque .. les riffs de guitares ont pris de la consistance, la basse (sacrément présente dans ce titre) et la batterie forment un bloc compact d’une efficacité redoutable …et puis quel titre inquiétant … écoutez cette ambiance à 3min .. glaçante …on se croirait dans le film « Planète Interdite » avec ces sons de claviers ..puis le rythme débridé reprend avec Albert Bouchard martyrisant ses toms, Eric Bloom poussant sa voix …. puis tout s’accélère et s’emballe à 5min ..avec cette voix robotique qui rajoute à cette ambiance de science fiction. Juste fabuleux .. et quelle entrée en matière .. qui pour moi, atomise une bonne partie de toute ce que le groupe avait sorti précédemment. Et ce n’est pas fini … car comment ne pas succomber instantanément à ce riff entrainant et si bien trouvé de « Monsters » … puis sans prévenir ce break jazzy avec ce saxo et cette basse … totalement inattendu et jouissif !! Le groupe ose de nouveau mais surtout le fait avec une grande inspiration et sans arrière pensée .. et forcément et vu leur talent, ils touchent dans le mille. Impossible de s’ennuyer avec ce titre et ses différents changement de rythmes en 5 minutes …. après ce break jazzy, ce défoulement rythmique excellent puis légère acalmie et ça repart à 3’10 avec ces choeurs (« Monsters .. ») qui glacent encore une fois le sang avec ces soli de guitares … et ce final durant lequel le saxo refait son apparition … ce titre est …. monstrueux !
Après ces 2 grosses claques bien énervées, le groupe calme le jeu avec le lent et rampant « Divine Wind » très groovy, sensuel et bluesy mais aussi sombre … cette guitare qui nous régale par ses interventions … pour se lacher dans la dernière minute du morceau gavé de soli bluesy magnifiques.
Le groupe nous a déjà bien surpris avec ce début d’album … mais attendez d’écouter « Deadline » … ovni drivé par cette basse et un clavier en retenu et ce chant de Roeser qu’on croirait sorti de la période disco ! Ne partez pas, surtout rester car cela le fait à merveille … Et puis il y a toujours ces mélodies de guitares ici et là qui illuminent le titre. Ici l’ambiance est légère, aérienne et rajoute à la folie de l’album.
« The Marshall Plan » nous ramène un B.O.C plus hard rock toutes guitares dehors, un titre taillé pour la scène (avec du reste des samples du public en fond) , ça fonctionne très bien et le clin d’oeil à « Smoke On The Water » au milieu du titre est bien trouvé.
Le groupe a décidé de varier les plaisirs .. et le titre suivant « Hungry Boys » est un boogie endiablé mené par ce piano, ce tempo enlevé avec ce refrain me rappelant certains chorus du Quadrophenia de Who. Et puis il y a toujours ces harmonies de guitares venant … d’ailleurs … de même que ces harmonies vocales étonnantes.
Je parlais des Who sur le titre précédent ..et bien « Fallen Angel » ne peut être qu’un clin d’oeil à « Quadrophenia » tant la ressemblence est frappante .. et puis la voix de Joe Bouchard sonne tellement comme celle de Roger Daltrey. Mais cela passe très bien tant le titre est réussi, entrainant et accrocheur… mais encore une fois (comme depuis le début du disque) le groupe nous surprend …et nous donne le sourire.
Le côté sauvage des américains revient sur le très énervé « Lips in the Hills » rythmé et heavy en diable avec ces riffs de guitares tranchant comme pas possible. Les soli s’enchainent, les guitares se répondent … et ce refain énervé .. ounch .. quelle claque.
Ce 7ème album du Cult de l’huitre blue se termine comme il avait commencé, avec classe avec un magnifique « Unknown Tongue » inquiétant mené par ce piano et cette mélodie vocale sur le refrain absolument superbe et un travail rythmique des guitares parfait. Un titre qui nous embarque pour une dernière envolée.
Il n’y a aucun doute possible, BLUE OYSTER CULT avait été touché par la grace avec cet album. Le boulot de composition est juste énorme, chaque titre est unique et est différent de son prédécesseur, les ambiances changent, nous font voyager d’un côté sombre et inquiétant à des atmosphères plus légères et avec une facilité déconcertante. Et malgré cette grande diversité musicale, Martin Birch a réussi à faire garder une grande cohérence à l’album et lui a permi d’avoir une dynamique irréprochable. « Cultösaurus Erectus » est un chef d’oeuvre et même si « Fire Of Unknown Origin » sera également très réussi et inspiré, cet opus de 1980 reste mon album préféré du Cult et puis un mot également sur cette pochette hallucinante traduisant bien quel étrange monstre est cet album ! Chef d’oeuvre un peu oublié mais indispensable dans toute collection.

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