BRITISH LION : « The Burning » (c) 2020

BRITISH LION : « The Burning » (c) 2020

The Burning
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Publié: 17/01/2020

Il est toujours difficile de dissocier le nom de certains musiciens tant il peut être associé à un groupe ayant marqué des générations de fans et de musiciens, à tel point qu’on n’a énormément de mal de les voir jouer dans un autre groupe. Prenez James Hetfield, Tom Araya, Angus Young … impossible de les voir hors de leur groupe respectif … et en 2012 c’était la même avec Steve Harris … alors quand le Boss avait annoncé son projet solo British Lion, ce fut un petit séisme dans le monde du hard car pour tout le monde, Steve Harris était synomyme d’Iron Maiden, l’incarnation du heavy metal sans compromission. Et forcément l’attente était énorme … trop même et connaissant l’intransigeance des fans de la Vierge de Fer, le moindre faux pas du bassiste serait sanctionné. Et c’est ce qui se produisit … la majorité des fans ne voulaient pas de cette musique si éloignée du heavy de Maiden et surtout si polissée et sans aucune énergie. L’idée de Harris était au départ de faire un disque avec la musique qu’il a toujours adorée et l’avait fait prendre sa basse dans les 70s, ce hard mélodique à la UFO (avec son héro Pete Way) … mais le résultat n’était pas là …et ce 1er disque était plombé par un manque flagrand d’énergie, un son privilégiant bien trop la basse au détrimant des guitares … et un chanteur à la voix singulière accentuant ce côté molasson vite énervant et ennuyeux. On entendait ici et les là des bonnes idées … mais qui s’essouflaient vite .. trop vite. Alors quand fut annoncé ce 2nd opus de British Lion, mon enthousiasme n’était pas au rendez vous .. et je ne l’ai écouté que plusieurs mois après sa sortie début 2020. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l’album d’un VRAI groupe, et ne sonnant plus tellement comme un disque solo de Steve Harris, et surtout une musique donnant enfin envie de taper du pied, avec du mordant et une énergie enfin présente renforcée par les guitares ayant bouffé du … lion et très présentes dans le mix, avec des musiciens semblant enfin se lacher .. et un Richard Taylor laissant de côté le côté trop mielleux de sa voix pour y mettre une bonne dose de peps salutaire. Alors oui, la voix du chanteur ne remplit le cahier des charges du parfait chanteur de hard qui devrait (sic) avoir une voix agressive soit haute perchée, soit erraillée .. mais plutôt une voix ultra mélodique à la Steve Hogarth … cependant sur ce « The Burning », il fait carrément le job et pour ma part, il ajoute un plus à ce disque car peu commun, rajoutant à la personnalité de British Lion. Autant je ne le supportais pas sur le 1er album, autant là je l’adore. Comme quoi il faut toujours donner une seconde chance.
Les mois de tournées en 2012, 2013 et 2014 ont été plus que bénéfiques aux musiciens … ils ont appris à jouer ensemble, à créer une alchimie commune qui transpire dans cet opus car c’est sa grande force : on a affaire à un groupe … enfin .. et plus à Steve Harris & co. Et ça démarre sur le chapeaux de roues avec le rythmé et entrainant « City Of Fallen Angels » aux guitares bien en avant, à cette section rythmique enfin en place et ayant compris qu’il fallait appuyer sur le champignon et se lacher comme ces petit breaks de Simon Dawson avec ses roulements de toms ici et là colorant formidablement bien la musique des anglais … ce qui manquait au 1er album. « The Burning » emprunte le même chemin sur un rythme soutenu, la pédale de grosse caisse de Dawson se faisant bien entendre et bien sur ce leitmotiv de guitare si bien trouvé de même que la mélodie vocale accrocheuse à souhait. Taylor a trouvé le bon dosage entre mélodie et énergie .. et ça passe vraiment bien .. comme sur ce superbe refrain … et encore une fois Dawson nous en met plein les cages à miel .. et j’ai tendance à penser qu’il est l’un des grands artisans de la réussite de cet album (il me semble que la batterie avait été partagée par plusieurs batteurs sur le 1er opus), apportant une dynamique incroyable à l’album.
Le tempo ralentit un peu sur « Father Lucifer » mais certainement pas l’énergie avec toujours cette rythmique grande force de l’album, ces riffs de guitares heavy … et puis ce break avec la basse du boss au son si caractéritique et ces soli au son mordant. Encore un très bon morceau … et quelle entrée matière bien tonique avec ces 3 morceaux bien remuant.
« Elysium » se veut plus en nuances avec ces couplets plus calmes au début du morceau mais cela s’accélère durant un refrain bien rythmé et les guitares heavy de retour.
Tout le talent de compositeur de Harris transpire sur le très réussi « Lightning » avec cette basse durant l’intro, ce faux rythme durant les couplets et ce refrain au tempo plus rapide avec les guitares heavy et un clavier en fond, ce solo de guitare au poil. On retrouve ce côté mélodique et très accrocheur sur le très bon « Legends » plus en nuances, avec ces « oooh » de Taylor qui vont faire un malheur en live.
Et cette énergie débordante surgit tout au long de l’album comme sur le très bon « Spitfire » et ses riffs de guitares bien heavy et cette basse qui cavale typique de Harris. « Bible Black » suit le même schéma avec ces guitares heavy sur un rythme qui cavale et un refrain plus mélodique et les 2 six cordistes se répondant en soli bien sentis.
La grande force de cet album est cette énergie, cet entrain, ce plaisir de jouer ensemble des musiciens communicatif durant ces 10 premiers titres. Le groupe lève seulement le pied sur la dernière piste, le très beau et réussi « Native son » et ses guitares acoustiques mais aussi cette guitare électrique posant de bien belles mélodies, le chant parfait de Taylor et ces mélodies vocales à plusieurs voix. Un titre prenant, chargé d’émotion avec des mélodies légèrement celtiques me rappelant ici et là le « When the wild wind blows » de Maiden. Un morceau magnifique.
Steve Harris est quelqu’un de très intelligent et je pense qu’il a écouté attentivement les critiques faites à l’égard du 1er album, pour rectifier le tire …et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est en tout point une réussite, et je pense traduit vraiment la musique qu’il souhaitait réaliser avec ce projet.
Bien plus qu’un simple bon album de hard mélodique, « The Burning » possède une véritable âme, une énergie de chaque instant et procure un plaisir à l’écoute de ces musiciens prenant un pied évident à jouer ensemble. Bravo Mr Harris, et bravo à tes musiciens !

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