TONY MARTIN : « Thorns » (c) 2022

TONY MARTIN : « Thorns » (c) 2022

Thorns
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Publié: 14/01/2022
BLACK SABBATH, comme tout grand groupe ayant du remplacer un 1er chanteur marquant, a déclenché les passions durant ses 50 ans de carrière. Rappelez vous, même avec un chanteur fabuleux et connu comme Ronnie James Dio, les fans die-hard d’Ozzy ne l’avaient jamais véritablement accepté .. alors imaginez Ian Gillan avec en plus un album ovni « Born Again » … et en poussant le bouchon plus loin, l’arrivée de l’inconnu Tony Martin derrière le micro du Sabbat Noir en 1987 ! Et pourtant ….le chanteur britannique était bourré de talent et d’une voix de malade très proche de celle du Maître Ronnie James Dio il est vrai. Si « Eternal Idol » n’était pas totalement satisfaisant (malgré quelques titres vraiment très bons), « Headless Cross » et « Tyr » étaient des chefs d’oeuvres portés bien sûr par les riffs inspirés de Iommi mais aussi par le chant fabuleux de Martin tellement en phase avec ces titres à la fois épiques, lourds et quelques fois malsains. 2 disques parmi les meilleurs de la discographie des pères du heavy metal …
J’ai toujours trouvé dommage que ce chanteur si talentueux n’ait finalement jamais eu la reconnaissance qu’il méritait pour son passage dans BLACK SABBATH. Par la suite, le chanteur s’est distingué avec 2 albums solos de qualité, le 1er sorti en 1992 (« Back Where I Belong »), assez pop mais très bon et un second dans un registre hard / heavy de qualité à défaut d’être exceptionnel en 2005 (« Scream ») et a participé à divers projets sympas comme avec Dario Mollo, Aldo Giuntini ou Empire. Mais aucun de ces enregistrements n’arrivait à la cheville de ses 1ers albums avec le groupe de Iommi …jusqu’à la sortie en ce début 2022 de son 3ème album solo, « Thorns » . Car oui, ce nouvel opus de Mr Martin est tout simplement fantastique et pour être honnête, je ne l’ai pas vu venir et je ne m’attendais pas à prendre un telle claque et à avoir entre les mains peut être mon disque de l’année 2022.
Ses grandes forces ? Sa diversité, la qualité des compositions et bien sûr la voix de Martin qui n’a pas bougé d’un iota si on se rappelle « Headless Cross » .. ce qui est tout bonnement incroyable.
Pour arriver à tel résultat, le chanteur anglais a su s’entourer de musiciens talentueux avec en tête le guitariste Scott McClellan avec qui il a composé l’album, à la basse l’ex bassiste d’ HAMMERFALL Magnus Rosen et Greg Smith (ex RAINBOW et BLUE OYSTER CULT) et Danny Needham (VENOM) derrière les fûts… un line-up détonnant comme le sont ces 11 pistes.
L’artiste anglais n’oublie bien évidemment pas d’où il vient et dégaine quelques cartouches de heavy cinq étoiles tels ce « As The World Burns » bien énervé évoquant bien évidemment l’époque 1989-1992 de BLACK SABBATH avec un côté un peu plus énervé avec cette batterie cadancée par la pédale de grosse caisse et ces riffs à la fois lourds puis la seconde d’après rapide. Dès cette entrée en matière, nous sommes subjugués par le chant de Martin qui met toutes ses tripes sur la table .. mais quelle voix !
Pas le temps de souffler que « Black Widow Angel » nous assommes avec la lourdeur de ses riffs et pour le coup Martin nous plonge dans l’époque … Heaven & Hell .. le groupe  avec une classe incroyable, dans une ambiance inquiétante en nous surprenant avec ce break de basse de malade de Magnus Rosen.
Mais quelle entame d’album … on se dit que nous allons nous prendre parpaing heavy sur parpaing heavy .. et bien non .. dès « Book Of Shadows », Tony Martin nous surprend .. dès cette intro avec ces choeurs d’église mystiques en fond tandis que le chanteur pose sa voix magnifique avec ces chouettes arpèges de basse portant cette pièce superbe … puis un violoncelle fait son apparition ici et là rajoutant à cette ambiance inquiétante. Nous sommes transportés, hypnotisés et captivés par la beauté glaçante de la mélodie, des arrangements si riches. Que c’est beau .. et toujours cette voix de Martin si belle et expressive dans ce joyau.
« Crying Wolf » en remet une couche .. alors que nous attendions un retour des riffs  d’acier, le titre commence par une guitare acoustique et le chant si prenant de Martin rythmé par une batterie / basse donnant un drole de groove à ce titre .. tandis qu’un léger orgue hammond distille quelques notes ici et là .. et puis le chanteur anglais pousse sa voix de malade …qu’on en reste ébahi …Tout est passionnant … la mélodie étonnante, les parties de guitares électriques ici et la. Un mot sur la production parfaite de l’album, puissante et favorisant la dynamique pour mon plus grand plaisir.
Mais le voyage n’est pas terminé, comme en témoigne le début du brûlot « Damned By You » avec son violon avant qu’un riff heavy en Diable fasse son apparition et prenne le relai pour mener un titre au groove incroyable (toujours cette section rythmique grande force et gros plus de ce groupe) et à la mélodie imparable … et puis ce violon qui revient ici et là alors que nous sommes en plein morceau heavy … et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce mélange fonctionne du tonnerre de Zeus !
Avec ces 3 titres pour le moins surprenant mais tellement bons, « No Shame At All » sonne plus conventionnel mais fort réussi avec une basse très présente et les riffs de McClellan toujours heavy et groovy.
Vous voulez avoir le frisson ? Et bien « Nowhere To Fly » va vous hérisser le poil. Quel magnifique intro vocale de Martin chantant une mélodie belle à pleurer de sa plus belle voix (je sais je ma répète .. mais Martin mérite vraiment qu’on le mette en avant sur cet album tant il le mérite). Ce titre est très mélancolique , calme durant les couplets avec une guitare juste en arpèges puis devient plus heavy durant le très chouette refrain sublimé par la voix du chanteur anglais.
Le heavy vous manque ? Les musiciens vont vous satisfaire avec le mid-tempo rampant et vicieux « Passion Killer » me faisant penser à mix de Black Sabbath et du meilleur d’Alice In Chains … que c’est bon. Le tempo s’accélère sur « Run Like The Devil » avec la guitare de McClellan qui fait encore une fois des merveilles avec ces riffs à la fois heavy et toujours groovy .. et que dire de ses soli pour le moins originaux. Martin pousse sa voix comme jamais démontrant qu’il n’a rien perdu de sa puissance et qu’il est toujours capable d’aller chercher des notes hautes perchées sans aucun problème. Sacré bon brûlot.
Changement total d’ambiance avec la piste acoustique bluesy « This Is Your Damnation » où Martin nous surprend encore une fois avec un chant mi-parlé mi-chanté durant les couplets …Impossible de ne pas taper du pied.
Il aurait été facile de terminer l’album comme il avait commencé, c’est à dire par une bombe ultra heavy .. et bien non .. Tony Martin est bien décidé à nous surprendre jusqu’au bout … et ce « Thorns » est une magnifique pièce en ambiance tantôt calme comme cette intro acoustique avec ces superbes parties de guitares sur lesquelles la voix Martin se pose de la plus belle des façons … tantôt heavy avec ce riff de guitare ultra puissant et un chant plus inquiétant et surprise … la voix de Pamela Moore (rappelez-vous la voix de Sister Mary sur « Operation Mindcrime » de QUEENSRYCHE, c’était elle) fait son apparition durant le refrain pour nous régaler les oreilles se mariant à merveille à celle de Martin … puis elle se permet de prendre le lead dans la seconde partie du morceau nous démontrant qu’elle n’a rien perdu ni de sa voix ni de son talent. Que ce titre est beau et ampli de mélancolie (avec le violoncelle refaisant son apparition). Une pièce bouleversante concluant l’album de la meilleure des façons.
Les mots semblent soudain bien faibles quand il faut décrire une musique si passionnante, si bien composée et interprétée. Tony Martin a réalisé l’album parfait, celui qui lui fallait pour montrer au monde entier qu’il était capable sous son nom, du meilleur et qu’il était bien plus que l’étiquette ex chanteur de Black Sabbath. Avec « Thorns », le chanteur anglais nous montre ce que doit être une musique à son meilleure niveau, c’est à dire capable de chambouler son auditeur par les émotions qu’il s’en dégage, de l’étonner par sa diversité et ses arrangements et aussi nous assommer de temps en temps par des riffs d’une puissance implacable. Nous avons de la chance car toutes les étoiles étaient bien alignées pour que ce chanteur exceptionnel sorte certainement le meilleur album de sa carrière, et l’un des meilleurs disques de ces dernières années, tout simplement. CHEF D’OEUVRE.

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