IRON MAIDEN : « Iron Maiden » (c) 1980

IRON MAIDEN : « Iron Maiden » (c) 1980

Iron Maiden
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Publié: 14/04/1980
C’est là que tout à commencer … Après 5 années à écumer les pubs londoniens et même d’autres villes anglaises, après d’inombrables changements de musiciens mais surtout après s’être fait une sacrée bonne réputation dans le circuit des pubs accueillant tous ces nouveaux groupes d’un nouveau courant musical qu’un certain Geoff Barton allait nommer dans Sounds « New Wave Of British Heavy Metal », Iron Maiden fut repéré par un manager ayant le vent en poupe, Rod Smallwood qui arriva à convaincre les pontes d’EMI d’aller voir le groupe dans un Marquee blindé (l’anecdote / légende dit que les mecs d’EMI n’avaient rien vu du show tellement la salle était blindée mais étaient ressortis en disant « la salle est pleine et le public semble adorer ce jeune groupe, donc c’est bon, on les signe ! » ).
La 1ère sortie du groupe sur la major fut le 7 » « Running Free » qui cartonna immédiatement. Le groupe fut même invité à jouer à la fameuse émission télé « Top Of The Tops » .. mais le groupe refusa de jouer en playback (ce que faisaient tous les autres groupes) et réussit à imposer de jouer live (ce qu’avait fait aussi The Who huit ans auparavant). Ce « tremplin » lança Maiden en Angleterre et prépara l’arrivée du 1er album .. qui débarqua directement à la 4ème place des charts anglais. Un véritable exploit pour un nouveau groupe et son 1er album, et qui plus est de heavy metal !
Il faut dire que cet album est un recueil, une compilation du meilleur de ce que le groupe (enfin surtout Steve Harris !) avait composé, rodé sur la route et fignolé durant les 5 ans qui avaient précédé l’enregistrement de cet album mythique. C’est bien simple, strictement rien est à jeter des 8 titres et au contraire, il s’agit de 8 purs joyaux devenus des classiques du heavy metal. La grande force de l’album ? Avant tout la qualité de composition, sa diversité, sa fougue et bien sur le talent / virtuosité des musiciens. Comment ne pas succomber immédiatement au riff de « Prowler » et la guitare « pleureuse » de Murray, le chant écorché respirant la jeunesse rebelle de Di’Anno, cette basse unique et si présente définissant le son du groupe, ce groove de Clive Burr à la batterie. Dès ce 1er titre, Maiden faisait la différence avec ses concurrents. Un titre atypique avec ses changements de rythmes, une telle énergie, une telle envie d’en découdre. L’un de mes titres préférés de Maiden, rien de moins. Et ce n’est que le début. Alors qu’on s’attend à un déluge de riffs après cette furieuse entrée en matière, Maiden brouille les pistes comme pour montrer qu’ils font ce qu’ils veulent et ne sont pas formattés …. « Remember Tomorrow » débarque donc sans prévenir pour nous embarquer dans une pièce en ambiances au début avec un Di’Anno à la voix étonnement calme pour une montée en puissance sur le refrain .. et puis grosse accélaration qui sera l’une des marques de fabrique du groupe dans les années à venir, débouchant sur des soli de toute beauté, d’une fluidité incroyable et toujours mélodiques. « Running Free » prend le relai montrant une autre facette du groupe, avec un titre d’une simplicité déroutante mais d’une efficacité redoutable et qui fera un malheur en concert.
Maiden n’est vraiment pas un groupe comme les autres, et Steve Harris veut montrer tout le spectre musical qu’il compte aborder avec Maiden .. et le chef d’oeuvre « Phantom Of The Opera » ne peut certainement pas le contredire. Ce bijou de plus de 7 minutes conjugue toute la richesse de la Maiden music, avec une structure complétement atypique et unique composée à la basse par le Boss, pas franchement de refrain, des changements de rythmes à foison, des parties de guitares totalement jouissives avec les harmonies twin guitars déjà bien présentes, et toujours cette basse bougrement efficace qui prend un malin plaisir à cavaler et vriller nos oreilles ! Pour moi sans hésiter le meilleur titre du groupe avec « Hallowed Be Thy Name ». Et ce n’est pas fini, car le groupe ose inclure un instrumental (« Transylvania ») pour ouvrir la 2nde face de l’album ! Et quel instrumental !!! Tout simplement le meilleur du genre … car ne se basant pas que sur la virtuosité des musiciens .. bien au contraire .. la trame mélodique est passionnante tout en restant bougrement heavy … pas une seconde où il ne se passe pas quelque chose. TOUS les musiciens s’en donnent à coeur joie ! Un autre chef d’oeuvre de Harris. Après un tel délugue metal en fusion, Maiden s’essayait à un titre très calme, leur 1ère ballade si l’on peut dire, sonnant très 70s, un peu dans l’esprit de ce que pouvait faire le Scorpions avec Uli Jon Roth. Di’Anno nous propose une voix magnifique, les guitares sont belles à pleurer et toujours cette basse portant le titre. Qu’il est beau ce titre !
Murray étant le membre du groupe le plus ancien du groupe (avec le Boss bien sûr !) se voyait accorder l’honneur d’avoir une de ses compos sur l’album .. et quel titre (« Charlotte The Harlot ») ! Un brûlot rythmé avec ce chant quasi punk de Di’Anno, ce riff entêtant et heavy .. arrivant sur un break que j’ai toujours trouvé magnifique, grace au chant de Di’Anno totalement habité, laissant transparaître sa fragilité … et puis ces paroles !
Ce 1er album de Maiden se termine en fanfare avec leur hymne speed « Iron Maiden » avec son intro de guitare depuis longtemps entré dans la légende, et puis ce refrain gore faisant mouche .. et oui Maiden ne fait pas de quartier et va tous vous choper ! Un titre prémonitoire ? Certainement !
Enfin ce 1er album était également l’occasion pour découvrir la mascote du groupe devenue aussi connue que le groupe (la tête d’Eddie était cachée sur le 1er single), Eddie The ‘Ead (et oui mon nickname ead666 vient de là 😉 ).
Cet album est tout bonnement fantastique du début à la fin, une mine de hits n’ayant pas pris une seule ride, un disque qui définissait les bases de la musique du quintet du East End, d’une richesse, d’une diversité et d’une virtuosité incroyables. La légende était née et était en marche.
CHEF D’OEUVRE !

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