MEGADETH : « The Sick, The Dying… And The Dead!  » (c) 2022

MEGADETH : « The Sick, The Dying… And The Dead!  » (c) 2022

The Sick, The Dying… And The Dead!
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Publié: 02/09/2022
Il s’est laisser désirer ce nouveau MEGADETH, plus de 6 ans que nous attendions la successeur du très bon « Dystopia », qui marquait le retour en forme du bébé de Dave Mustaine aidé par sa nouvelle recrue, le talentueux guitarise brésilien Kiko Loureiro (ex ANGRA).
Il faut dire que la covid et l’affaire Dave Ellefson n’ont pas aidé .. en effet toutes les parties de basse de Junior ont du être ré-enregistrées suite à son limogeage du groupe, par un monstre de la 4/5 cordes, Steve DiGiorgio (Sadus, Death, Testament et d’autres ..). Autre changement dans le line-up (c’est une constante chez Megadeth, devenu un maître dans le jeux des chaises musicales), l’arrivée de Dirk Verbeuren derrière les fûts .. et le moins qu’on puisse dire, c’est que sa présence ne passe pas inaperçue tant son jeu nous en met plein les oreilles.
La superbe pochette nous met de suite dans l’ambiance de l’album : un clin d’oeil au « Le Bon, Le Brut et le Truant » de Sergio Léone mais avec un Vic Rattlehead ressemblant plus à un Mousquetaire déjanté (cf son pistolet plus de l’époque de D’Artagnan que de ceux de l’époque de Blondin), dans une ville mise à feu et à sang. Peu de chance que Mustaine ait décidé de nous conter des jolies sérénades fleur bleue. Et en effet on va rapidement entendre que le sujets parlent de guerre, de Tchernobyl , d’enfer.
Musicalement, on se rend compte dès les premiers titres que Mustaine n’a pas souhaité changer son fusil d’épaule par rapport à « Dystopia », au contraire il a fait marcher encore plus la machine à remonter le temps car le heavy thrash du Sieur nous replonge fin des 80s jusqu’au milieu des 90s, les Golden Years de la Mega Mort. Autant cette approche avait quasi totalement foiré avec « The World Need A Hero », autant ce 16ème album du groupe remplit bien son contrat.
Nous avons d’un côté des brûlots speed thrash de 1er ordre avec en tête de fil le très réussi « Célebutane » (clin d’oeil à Poutine pour sa fermeture des robinets de gaz ? … C’est-le-Butane !), mon titre préféré du disque, très 80s dans les riffs et l’un des titres directs et très accrocheurs malgré une vitesse hors limites ! Ce côté énervé et rapide arrive très tôt dans l’album avec « Life In Hell » avec déjà Dirk Verbeuren nous en mettant plein les cages les miels. Quel riff nous rappelant le meilleur des 80s encore une fois, avec Loureiro balançant quelques soli bien sentis. Un titre allant droit au but encore une fois .. et cela me plait bien .. par contre je trouve le break avec la partie parlée totalement inutile .. et ce n’est malheureusement pas la seule fois où Mustaine va faire appel à ce genre d’artifice … n’apportant rien. Mais le titre est bon et nous brise les cervicales, et remplit donc son contrat. Pas le temps de souffler qu’une nouvelle déflagration énervée thrash et speed résonne dans les enceintes avec « Night Stalkers ». Rarement Megadeth n’aura été aussi énervé. Ce riff ultra rapide et inquiétant du début me rappelle un peu ce que pouvait faire Slayer à une époque. La batterie va à 200 à l’heure, Mustaine crache sa mélodie vicieuse, la basse de DiGiorgio cavale mais se fait discrète dans le mixe (quel dommage), peut être du au fait qu’il joue avec les doigts et sans médiator. Il y a un ralentissement avant le refrain avant que la vitesse reparte de plus belle . Puis un break intervient avec l’intervention de Ice T avec son chant rappé. On aurait pu craindre le pire, mais le rendu est réussi .. Dans ce morceau, Mustaine montre la facette la plus travaillée du groupe, avec tous ces changement de rythme qu’on avait sur un « Good Mourning/Black Friday » par exemple. Loureiro nous régale les oreilles avec un solo de fou .. avant qu’un nouveau break .. acoustique et avec quelques instruments à cordes n’interviennent … puis la basse de DiGiorgio se fait entendre annonçant la reprise de la cavalcade speed / thrash. Ce brûlot est une vraie tornade nous balançant dans tous les sens et c’est franchement très réussi. Mustaine évoque dans ses lyrics le 160th Special Operations Aviation Regiment, une unité d’hélicoptères de l’US Army pour les opérations spéciales créée suite à l’échec des opérations américaines en 1980 à Téhéran pour délivrer les otages dans l’ambassade US.
Autre belle tranche de speederie intense, « We’ll Be Back » terminant la version standard de l’album. Ca démarre à fond, avec la basse plus présente ici dans le mixe, le riff ultra rapide et un chant plus énervé de Mustaine …. un titre pouvant tenir la dragée haute à ceux de « Rust In Peace » en terme d’intensité et de violence. Et puis que dire de ces enchainements et échanges jouissifs de soli entre Mustaine et Loureiro. Seul le refrain calme légérement le jeu avec cette cloche se faisant légèrement entendre. Le début du break final avec ses riffs me rappelle étrangement celui de … « Disposable Heroes » .. des ex copains de Mustaine …marrant que pour une fois, la comparaison se fasse dans ce sens. Un très bon morceau encore une fois.
Passées ces speederies, Mustaine s’est essayé à 2 pistes à ambiances avec une 1ere partie heavy / rampante sur « Dogs Of Chernobyl » et très mélodique mais que je trouve sans plus. Loureiro a beau dégainé un bon petit solo, je n’accroche pas tellement à ce début … puis à 4 minutes, changement total d’ambiance et de tempo .. tempo qui s’affole .. cela part à toute vitesse … Cela surprend .. mais il ne se passe finalement pas grand chose dans cette 2nd partie speedée. Un pétard mouillé donc.
Par contre, « Mission To Mars » est bien plus réussie : cela commence par une excellente ligne de basse, puis la guitare arrive avec une sonorité bien vue donnant une ambiance inquiétante et bien trouvée à cette intro. Tout s’arrête .. on entends des bruitages … du vaisseau certainement en partance pour Mars …puis le titre part sur un mid-tempo heavy avec cette fois ci une très bonne mélodie et plein de petites accroches (« i wanna wanna ») , quelques voix doublées et un refrain faisant mouche nous ramenant au meilleur de « Youthanasia » et sa richesse mélodique tout en gardant un côté heavy. A 3’30, tout s’accélèe comme si la mission partait en vrille avec les voix des pilotes s’affolant et discutant avec … Houston (?) , les riffs s’excitent et sont cette fois ci intéressants et on se prend à secouer la tête. Pour le coup, Mustaine a réussi son coup, car le titre est vraiment très bon à l’inverse d’un « Dogs Of Chernobyl » loupé.
Et puis il nous reste les autres titres … et je dois dire qu’ils ne m’ont pas fait forte impression .. excepté le title track « The Sick The Dying and the Dead ! » fort réussi avec son début en arpèges de guitares bien vu avant que le morceau parte sur un tempo rythmé. Le riff est accrocheur avec Loureiro balançant quelques licks de guitares ici et là donnant de la richesse à la texture de la chanson. On a en une envie irresistible de taper du pied. Le refrain est simple mais fait le job. Une petite accélération rythmique intervient vers la fin du morceau comme pour mieux lancer l’excellent solo de Loureiro à la fois mélodique et empli de virtuosité .. débouchant sur une fin speed : la double grosse caisse de Verbeuren s’y mèle pendant que Mustaine éructe ses « Die Die Die ». Un titre à la structure un peu atypique dont Mustaine est friand et qui fait carrément le job.
Si on fait le compte, cela fait 6 titres vraiment très bons … sur 12 (je ne compte pas les 2 bonus, une cover des Dead kennedys et une autre de Sammy Hagar n’apportant pas grand chose et guères passionnantes) … et les 6 autres pistes ne m’ont guère enthousiasmé. Musicalement, Mustaine s’amuse, quelques parties de guitares sont bonnes comme sur « Sacrifice » mais au final on ne retient pas grand chose de ce titre tout comme le fade « Junkie » nous ramenant aux pistes tellement bateaux de « United Abominations », « The System Has Failed » ou « Endgame » et que tout le monde a oublié depuis longtemps. « Killing Time » est plus interessante dans une ambiance très « Countdown To Extinction » ponctué de nombreuses interventions lumineuses de la 6 cordes de Loureiro. Pas de quoi fouetter un chat cependant. Quant à « Soldier On! », il s’agit d’un titre inoffensif et guère interessant qu’on zappe. Enfin il y a l’interlude quelque peu cacophonique « Psychopathy », il n’apporte strictement rien et ne sert à rien.
Il en ressort au final un avis assez mitigé car d’un côté Mustaine a réussi à nous pondre 6 brûlots vraiment imparables et pouvant rivaliser avec leur meilleur répertoire de leurs Golden Years mais à côté de cela, le rouquin nous sert une soupe tiède et peu appétissante. Mais rien que pour ses riffs de fou, ses soli tellements bon sur des tempi speed comme au bon vieux temps sur la moitié de l’album, mon avis est bien plus positif que négatif car même quand Mustaine accouche de titres bofs, ils ne sont jamais mauvais et restent souvent au dessus de la mélée. Un dernier mot sur la prod, elle est excellente , même si je ne suis pas hyper fan de ce son de batterie, la pillule passe sans problème grace au jeu de fou de Dirk Verbeuren, l’homme fort de cet opus.
Franchement après quasi 40 ans de carrière, arriver à sortir un 16ème album proposant autant de bonnes choses est un exploit. Ne tenons pas rigueur de la faiblesse de quelques titres et allons headbanguer sur les autres brûlots réussis.

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