MOTORHEAD : « Overkill » (c) 1979

MOTORHEAD : « Overkill » (c) 1979

Overkill
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Publié: 24/03/1979
Je ne pense pas être un alien en disant que l’une des raisons nous faisant aimer le hard est son énergie, cette agressivité voire violence quelques fois, conjuguée à des mélodies accrocheuses, son côté parfois exubérant.
Si on remonte à l’Origine de cette musique, on retrouve le 1er Black Sabbath et sa lourdeur implacable et sa noirceur glaçante mais aussi le « In Rock » de Deep Purple qui au travers de bon nombre de brûlots témoignait d’une violence inédite pour l’époque, définissant des nouvelles règles qu’allaient suivre les groupes des 70s. Après ce démarrage en trombe, le mouvement c’est petit à petit assagi et la musique des tenors et des rebelles d’antan se mettait à ronronner calmement. Le mouvement punk secoua tout ce petit monde ankilosé par la routine et proposa cette énergie vivifiante qui avait disparu au fil des années de notre musique et certainement fut le déclic pour bon nombre de musiciens qui allaient remettre au goût du jour le hard avec une énergie nouvelle. Ainsi se préparait dans l’ombre la relève avec les groupes de la NWOBHM mais avant cela un power trio allait prendre les devants, le MOTORHEAD de Lemmy Kilmister déjà fort d’un 1er album réussi et ayant fait parler de lui, et qui sortait son 2nd album « Overkill », le 1er sur le label Bronze avec cette pochette magnifique qui allait d’entrée de jeu marquer les esprits.
C’est bien simple, cette galette allait revolutionner le genre tout comme ces prédécesseurs l’avaient fait 10 ans auparavant, en poussant le curseur de l’agression sonore de plusieurs crans. Jamais on avait entendu jusque là un tel déferlement de décibels, de martélement de grosses caisses, de riffs tranchant comme une hache joué à 200 km/h, des accords de basses tonitruant joués avec de la disto et bien sur cette voix unique d’écorché vif de Lemmy et marinée au Jack Daniels depuis sa tendre enfance !
Ce disque faisait passer les Deep Purple, Black Sabbath & co pour de l’opérette !
Et ça démarrait très très fort avec cette pédale de grosse caisse nous vrillant les oreilles sur l’intro d’ « Overkill » sur ce brûlot dans un speed rock déchainé avec Fast Eddie Clark touché par le grace dans un solo tellement bien trouvé et plein de feeling …ce 1er break à 3 min où on a l’impression que le morceau recommence (« Don’t sweat it, get it back to you » !!! ») pour s’enchainer sur un 2nd solo de guitare wah-wah fantastique ….et puis quel final de folie qui fera headbanguer des millions de fans.
Phil Taylor était et restera LE batteur de Motorhead car il incarnait parfaitement ce côté sauvage et ….. « Animal » du groupe tout en ayant ce groove fantastique collant tellement bien aux riffs de la Ricken­ba­cker de Lemmy. Ecoutez ces roulements de toms démarrant le génial « Stay Clean » puis son groove durant tout le morceau ! En moins de 3 minutes le trio nous proposait avec ce titre un pur moment de rock’n’roll d’anthologie avec ce riff typique de Fast Eddie et puis écoutez moi cette ligne et solo de basse de Lemmy !! Jamais nous n’avions entendu cela jusque là. Une mixture improbable dans laquelle le groupe dégage à la fois une énergie folle, un groove à faire swinger votre grille pain et aussi une bonne dose de séduction dans le chant de Lemmy. Un pur joyau.
Ce côté rock’n’roll, remuant et tellement accrocheur est ce qui caractérisait cette incarnation de Motorhead et c’est tellement évident à l’écoute du fantastique  » (I Won’t) Pay Your Price » (introduit pas Lemmy disant « I’m so drunk » 😂). Si vous restez assis sur votre chaise à l’écoute de ce titre ou si vous ne l’appréciez pas .. c’est que vous n’aimez pas le rock’n’roll !
La grande force de cet album est qu’il nous emmène dans un voyage passionnant au pays du hard rock’n’roll dans des ambiances différentes au fil des titres, rendant son écoute encore plus passionnante. Contrairement à certaines images reçues, les disques de Motorhead n’étaient pas une succession de titres speed et agressifs. Il y en avait une bonne dose bien évidemment mais toujours contrebalancés avec des pistes mid-tempo ou en ambiances.
Ainsi « I’ll Be Your Sister » ralentissait le rythme introduit pas cet excellent riff de basse pour un mid-tempo sonnant pour le coup assez heavy metal mais avec toujours cette touche inimitable du groupe dont ce riff de guitare au son si caractéristique de Fast Eddie. Un titre moins connu mais tellement bon.
Bien que démarrant de façon rythmé, « Capricorn » montrait une facette étonnante du groupe, rappelant d’où venait Lemmy (Hawkwind). Un titre avec une ambiance plus sombre, un côté légèrement psychédélique, hypnotique et envoutant mais avec toujours l’emprunte du power trio. Un morceau dont je suis archi fan et qui m’embarque à chaque fois que je l’écoute … tout comme le splendide « Metropolis » et son riff de guitare d’anthologie, ces soli magnifiques de Fast Eddie encore une fois (quel final !), ce petit break de batterie de Phil Taylor, cette basse qui gronde sur ce rythme lent et rampant d’une lourdeur inquiétante.
Et quand il fallait envoyer la sauce, Lemmy, Phil et Eddie répondaient présents comme sur la trilogie infernale enchainant le culte « No Class » remuant à souhait, le très rock’n’roll « Damage Case », le rapide et agressif « Tear Ya Down » qui allait casser des cous !
Quel enchainement !!
Et comme pour résumer la musique de cet album de la façon la plus juste, Motorhead concluait cet opus avec le tonitruant et magnifique « Limb From Limb » cachant bien son jeu, avec une première partie d’une lourdeur digne d’un Black Sabbath avec cette ligne de basse que n’aurait pas renié Geezer Butler …. puis à 2min10 BIM !! Le groupe nous surprend en ouvrant les gaz en grand pour transformer le titre en brûlot rock’n’roll speed de folie avec Fast Eddie s’en donnant à coeur joie avec ses soli sur fond sur rythmique infernale et déchainée de Lemmy et Phil durant plus de 3 minutes. Quelle orgie sonore !
Avec cette 2nde offrande, non seulement MOTORHEAD nous délivrait son meilleur album mais également entrait dans la légende avec un disque redéfinissant les genres, dépoussiérant un style fatigué et ce en seulement 10 titres et 35 petites minutes.
Chef d’oeuvre parmi les chefs d’oeuvres, indispensable, incontournable

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