IRON MAIDEN : « Killers » (c) 1981

IRON MAIDEN : « Killers » (c) 1981

Killers
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Publié: 02/02/1981

Après une année 1980 de folie, Iron Maiden était sur orbite et rien ne semblait pouvoir les arrêter. Les anglais avaient signé sur une major (EMI), avait un manager prêt à tout pour ses poulins et qui leur avait décroché la 1ère partie de grosses tournées européennes (KISS, Judas Priest …), un album disque d’argent en Angleterre. Battant le fer (sic) tant qu’il était chaud, le groupe entra rapidement en studio fin 1980 pour enregistrer le successeur du 1er album avec cette fois ci LE producteur que tout le monde s’arrachait, Martin Birch (Black Sabbath, Deep Purple, Rainbow, Blue Oyster Cult, Whitesnake ..), et avec un nouveau guitariste très prometteur, Adrian Smith (qui avait joué son 1er show avec Maiden en novembre 80). Le timing était très serré car le groupe devait déjà repartir sur la route dès mi-février avec une tournée anglaise d’un mois (24 dates !!). Cela explique certainement la courte durée de l’album et le relative petit nombre de véritables nouveaux titres (bon nombre dataient de plusieurs années et n’avaient pas pu être inclus au 1er album), ce qui valut beaucoup de critiques à la sortie de l’album, certains médias disant que le groupe était déjà à cours d’inspiration.
Mais ce que l’histoire a laissé, ce n’est pas cela, mais un album entré dans la légende du heavy metal, adulé par des wagons de groupes dont les thrashers de Metallica et Slayer qui ont souvent cité ce disque comme inspiration principale.
Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est le son … enfin au niveau des splendides compos du groupe, une prod digne d’un groupe de stature mondiale et n’ayant pas à rougir des disques sortant la même année (« The Mob Rules » entre autres …). La puissance du groupe pouvait enfin être retranscrite sur micro-sillons .. et le moins que l’on puisse dire, c’est ce que cette 2nde rondelle des anglais est bougrement heavy et speed .. certainement le disque le plus sauvage de la bande à Harris qui se caractérise par des titres courts mais tellement accrocheurs (« Wrathchild » et sa ligne de basse légendaire, le frénétique et génial « Purgatory » (quel tempo !!), le heavy et rapide « Murders In The Rue Morgue »). Di’Anno est toujours aussi énervé au chant et sa rage colle parfaitement aux titres rageux comme sur « Killers » et sur le sous-estimé « Another Life ». La paire Smith / Murray s’est parfaitement trouvée et dégaine leurs premières harmonies à 2 guitares, et les soli sont d’une grande fluidité et mélodiques à souhait. Le Boss s’essaie à 2 fois à un instrumental, tout d’abord en introduction de l’album avec le magnifique « The Ides Of March » puis avec « Genghis Khan » excellent mais un bon cran en dessous de « Transylvania ». Bien que moins diversifié que le 1er opus, « Killers » propose néanmoins 2 titres assez originaux : « Innocent Exile » heavy et possédant un sacré groove et puis quel final !
Le 2nd est « Prodigal Son » assez étonnant, mélant guitares acoustiques et électriques, avec un chant de Di’Anno assez calme. Bon titre mais que je trouve en dessous des autres.
Enfin ce 2nd LP de Maiden se termine par un brûlot qui fera un malheur en concert, « Drifter », sorte de frère jumeau de « Prowler » en un peu moins énervé. Le break est magnifique, les guitares splendides … et Di’Anno fera chanter le public durant la tournée de l’album en reprennant le fameux « YoYoYo » de Police pour jouer avec le public.
Un mot sur la pochette absolument magnifique signée Riggs, l’une des plus réussies et des plus emblématiques du groupe et résumant parfaitement la musique du quintet de l’eastend à l’époque..
Etant coincé entre 2 albums de légende, « Killers » n’en demeure pas moins un chef d’oeuvre, un disque sacrément heavy gavé de brûlots entrés dans l’Histoire et qui a permi au groupe de se faire connaître aux US et de confirmer leur statut de nouveau leader du heavy metal sur le Vieux Continent.

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