OZZY OSBOURNE : « Blizzard Of Ozz » (c) 1980

OZZY OSBOURNE : « Blizzard Of Ozz » (c) 1980

Blizzard Of Ozz
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Publié: 20/09/1980
La fin des années 70s fut difficile pour Ozzy Osbourne. Black Sabbath et lui avaient connu un succès foudroyant durant 10 années et dès la 1ère année d’existence du groupe, alors qu’ils n’étaient encore que des gamins. Le « grand cirque » du sex drugs & rock’n’roll n’en était qu’à ses débuts et rien ni personne ne pouvait aider ces jeunes ados à affronter cette vague du succès et d’excès en tout genre. Et 1978, Ozzy avait brûlé la chandelle par les 2 bouts durant 10 ans, enchainant album sur album, tournée après tournée. Il quitta le groupe complétement lessivé, alcoolique et accro aux drogues et fut contraint de partir en cure de désintoxication sous peine d’y rester. Cela prit 2 ans à Ozzy pour sortir la tête de l’eau (ou du whisky) et envisager de lancer sa carrière solo … et le destin l’aida grandement en mettant un certain jeune guitariste surdoué sur son chemin, Randy Rhoads. En plus de son talent de musicien et guitariste hors norme, Rhoads était doublé d’une gentillesse et d’une âme en paix qui fit un bien fou au chanteur anglais qui trouva en ce gamin la voie de la rédemption, une force et une sagesse pour afronter ses démons. Une grande complicité s’installa entre Ozzy et Randy (il suffit de regarder les vidéos ou les photos d’époque). Le jeune guitariste avait fait ses armes dans Quiet Riot sur les 3 premiers albums du groupe (et oui … non « Metal Health » n’est pas le 1er album des américains !!) .. mais le succès boudant le groupe, il avait laché l’affaire et était retourné chez lui et sa mère, reprenant son ancienne activité de prof de guitare classique.
Je pense qu’il n’avait pas du hésiter longtemps à accepter la proposition du management d’Ozzy …car quand l’ancien chanteur de Black Sabbath vous invite à intégrer son nouveau groupe, le Blizzard Of Ozz (et oui, et le projet initial fut bien un groupe, et non un disque solo d’Ozzy), on ne refléchit pas et on fonce .. et c’est bien sûr ce que fit Randy Rhoads.
Le « groupe » fut complété non pas par des inconnus mais par des musiciens reconnus et issus de groupes habitués à jouer dans les arenas américaines. Ainsi Don Airey (claviers) et Bob Daisley (basse) venaient du Rainbow de Blackmore et le batteur Lee Kerslake avait fait ses armes chez Uriah Heep. Excusez du peu, Ozzy mettait toutes les « armes » de son côté pour frapper un grand coup dès son grand retour sur la scène musicale .. et il ne voulait certainement pas se louper vu que Black Sabbath venait de sortir un chef d’oeuvre avec leur nouveau chanteur, Ronnie James Dio, le magnifque « Heaven And Hell ».
Et Ozzy ne loupa pas son coup ..au contraire ce 1er album est un chef d’oeuvre du 1er au dernier titre .. et c’est une personne vraiment pas fan d’Ozzy et de sa voix qui écrit cela !!
Ozzy et ses musiciens avaient réussi à créer une alchimie unique et magique entre eux, et cela transpire tout au long de ses 9 titres absolument fantastiques.
A l’image de la pochette montrant un Ozzy tenant une croix prêt à exorciser ses démons du passés, la musique du Blizzard Of Ozz s’éloignait de la musique sombre et noire de son ancien groupe. Les riffs de Rhoads étaient bien heavy mais il se dégageait des titres une certaine « légereté » .. peut être due au jeu de guitare du jeune prodige .. qui apportait de la lumière dans cette musique.
Difficile de faire un titre par titre tant TOUS les titres sont géniaux .. « I Don’t Know » et son riff de folie, les interventions ici et là de Randy qui éclaboussent le titre de tout son talent avec un solo digne d’un Eddie Van Halen .. mais en rajoutant une bonne dose de feeling. Qui ne connait pas le riff de guitare d’intro de « Crazy Train » ? Le chant d’Ozzy se veut enjoué … on est loin du son chant plaintif, triste de la décennie précédente .. même sa voix respire une certaine joie .. sur des mélodies imparables .. car tous les titres de ce disque sont des classiques, des hits intemporels ..comme ce « Mr Crowley » avec son intro d’orgue grandiose d’Airey, ce chant mélancolique d’Ozzy, cette guitare rythmique de Rhoads qui ne fait pas que plaquer des accords pour coler à la rythmique, mais les rend vivant rajoutant ici le là des mélodies et accroches rythmiques de toute beauté et rendant le tout bien plus vivant, sopoudrant de temps en temps d’une dose de classique comme dans le solo de ce titre. Mais Rhoads savait aussi plomber ses riffs quand il le fallait comme sur le superbe « Suicide Solution » qui valut les foudres à Ozzy par les PMRC quelques années plus tard.
Quand le rythme s’accélère, cela donne le très réussi « Steal Away (The Night) » sur lequel tous les musiciens se lachent, Rhoads bien sûr en tête (non mais écoutez cette rythmique !!!) mais aussi Daisley et Kerslake .
Ozzy et sa bande savaient également prendre des risques et proposaient ainsi cette pièce magnifque et riche « Revelation (Mother Earth) », avec cette guitare acoustique de Rhoads, ce clavier léger un fond, ces cloches présentes tout en long du titre et puis ce chant d »Ozzy vivant les paroles qu’il chantait. Ce titre n’est pas si facile à appréhender à l’inverse des autres, mais il se dévoile écoute après écoute, avec ses riffs ..sabbathiens pour une fois ..que Rhoads dégaine ici et la dans le morceau .. contrebalancés avec le piano tout en douceur d’Airey. Ce titre joue les montagnes russes pour finir à partir de la 5eme minute en festival de Rhoads sur une avalanche de soli sonnant « classiques » (Mozart & co ..) de toute beauté.
Ce côté émouvant et prenant, Ozzy l’avait expérimenté à 1 ou 2 occasions avec Black Sabbath, mais sur ce « Goodbye To Romance », Ozzy se lachait complément et n’avait plus peur de se dévoiler totalement. Une ballade acoustique tellement gorgée de feeling, illuminée par un magnifique solo de Rhoads et en fin de titre un solo d’Airey bien venu. La plus belle ballade jamais composée et interprétée par Ozzy.
Cet album est un pur chef d’oeuvre de musicalité, de feeling ..montrant ce que devait être un groupe de musiciens virtuoses mettant leur talent au service des chansons et arrivant à donner une âme bien distincte à chacun des titres. Ozzy pouvait vraiment remercier Randy Rhoads qui avait été le grand cataliseur de cette réussite, et l’âme de ce 1er album. Ecoutez juste cette piste intrumentale .. « Dee » … en 50 secondes, Rhoads résumaient ce que devait être la musique : simple et tout en feeling (et c’est encore plus flagrand dans sa version du double live « Tribute »).
Ozzy avait réussi son pari, sauvé et aidé par un ange providentiel à la guitare et servant de guide dans la direction musicale d’un album fantastique, le meilleur, et de très loin pour moi, de la carrière solo du chanteur anglais.

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