BRUCE DICKINSON : « Tattooed Millionaire » (c) 1990

BRUCE DICKINSON : « Tattooed Millionaire » (c) 1990

Tattooed Millionaire
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Publié: 08/05/1990

Les 80s ont été formidables pour nous les amoureux du hard, du heavy metal, des riffs plombés. Cette décennie avait vu l’explosition populaire de notre musique préférée , les groupes de hard trustaient les 1ères places des charts, on avait même une émisssion sur M6 le vendredi soir qui diffusait les clips de hard, c’est dire !
Ces années là étaient également synonymes de démesures, de fêtes et d’excès en tout genre. Le glam et ses paillettes avec en tête de file David Lee Roth et son Van Halen (puis en solo) et Motley Crue suivi de Poison, c’était à ceux qui nous mettaient le plus de paillettes et de boobs dans les yeux ! Et les groupes de heavy n’étaient pas en reste, les tournées de Maiden, Dio puis Metallica étaient devenues monstreuses, avec des décors de folie toujours plus chargés et dignes de superproductions hollywoodiennes .. à tel point qu’on ne voyait même plus les rampes de Marshall sur scène ! Mais c’était l’époque qui voulait ça … les 70s avaient été rudes … bon nombre de pays avaient été engagés dans des guerres meurtrières (Viet Nam,….) et la jeunesse avait besoin d’oublier ses années sombres, avait envie de revivre et faire la fête et les 80s reflètent un peu tout cela .. et comme toute bonne chose a une fin, la fin des 80s s’assombrissait, des conflits se préparaient, des chamboulements couvaient (chute du bloc de l’Est) et cela commençait à se ressentir dans la musique, le public se lassait des pailletttes et des décors avec des dragons car il avait l’esprit ailleur et avait certainement besoin de revenir à des choses plus simples et terre à terre. Ce n’est pas pour rien que les Guns N’Roses cartonnèrent …un vent de rebellion couvait. Et bon nombre d’artistes sentirent cela …. Maiden et Judas Priest allaient durcir leur musique et revenir à leurs racines … mais se fut Bruce Dickinson qui les devança et quelque part fut certainement à l’origine de l’orientation épurée de « No Prayer For The Dying », comme en témoignait son 1er album solo « Tattooed Millionaire ». Le chanteur anglais avait ressenti le besoin à l’époque de s’échapper de la grosse machine Maiden, des grosses productions scéniques avec des monstres sur scènes, des décors de folie …. il voulait revenir à la musique qui l’avait fait devenir musicien, celle des 70s, ce rock et hard rock sans fioriture .. et pour le coup, on peut dire que ce 1er essai solo remplit son contrat. Il s’agit d’un album sans prise de tête, sans grande originialité .. juste 10 titres de hard rock allant droit au but et n’ayant pas d’autre prétention que de faire taper du pied, secouer la tête et donner du plaisir. Pour le coup, Bruce s’était entouré d’excellents musiciens dont Janick Gers ex guitariste de White Spirit mais surtout de Ian Gillan, idole du chanteur anglais !
La section rythmique n’était pas en reste et allait démonter son efficacité sur disque mais aussi plus tard sur scène lors de la tournée de l’album. Et tant qu’à faire bien les choses, la production avait été confiée à un grand producteur, Chris Tsangarides (Tygers Of Pan Tang, Judas Priest, ….) et on peut dire que la prod fut réussie et mettait bien en valeur les 10 pistes.
Le 1er titre de cet opus est assez trompeur car ce « Son Of A Gun », sublime, donne dans un hard heavy qu’un Maiden aurait pu composer. Un titre qui j’adore avec un Bruce très en voix chantant avec ses tripes, alternant passages calmes et passages tout en puissance sur ce pamphlet anti américain et contre la libre circulation des armes au pays de l’Oncle Sam.
Mais dès la 2nde piste, l’album va prendre une autre tournure, beaucoup plus légère et rock avec le single « Tattooed Millionaire » très hard rock’n’roll avec des paroles piquantes adressées à Nikki Sixx qui avait eu une liaison avec sa femme. On retrouve ce côté très rock sur les « Hell on Wheels », « Dive! Dive! Dive! « , « Lickin’ the Gun », « Zulu Lulu » très entrainant sur lesquels on découvrait un Janick Gers très en verve, remplissant l’espace sonore de sa guitare sans problème et balançant des excellents soli, un Bruce qui adoptait un style de chant voilé avec une voix cassée plus bluesy ou dans l’esprit AC/DC (il reprendra du reste « Sin City » durant la tournée) très éloignée du son chant « Air Siren » utilisé jusque là dans Maiden.
Le chanteur anglais s’essayait avec succès à un titre en retenu et autobiographique et avec une émotion palpable sur le très beau « Born in ’58 » emprunt de nostalgie ou comme sur bien belle reprise du « All The Young Dudes » de Mott The hopple / Bowie.
L’album se termine sur le très bon « No Lies » qui rappelle fortement par son rythme, sa construction le futur « Bring Your Daughter .. » de Maiden , avec ce break très groovy où la basse d’Andy Carr fait des merveilles, laissant augurer peut être .. de ce qu’allait etre le Maiden de ce début des 90s.
Alors oui, ce 1er essai solo de Dickinson n’est pas un chef d’oeuvre ni même son meilleur album (et de loin) … mais il dégage une authenticité, une fraicheur qui faisait beaucoup de bien à l’époque de sa sortie … on n’attendait pas Bruce dans ce créneau .. et j’avais adoré (et encore plus la VHS live « Dive Dive Live » où les titres de l’album prenaient une autre dimension en live, bien plus énergiques) car les compos sont de qualité et puis .. il y avait la voix de Bruce, chanteur exceptionnel qui nous montrait une autre facette de son talent.
Un très bon disque à prendre pour ce qu’il est, 10 chansons sans prise de tête pour passer une quarantaine de minutes bien sympathiques.

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