JOE LYNN TURNER : « Belly Of The Beast » (c) 2022

JOE LYNN TURNER : « Belly Of The Beast » (c) 2022

Belly Of The Beast
Catégorie:
Publié: 28/10/2022

Si on m’avait dit un jour que j’écouterai en boucle un album solo de Joe Lynn Turner …. Déjà, en dehors de ses albums avec RAINBOW que j’aime bien (même s’il s’agit de la période de l’Arc En Ciel que j’apprécie le moins) et de son album « Slaves & Masters » avec DEEP PURPLE, je reste indifférent au reste de sa carrière, n’étant pas fan du tout de MALMSTEEM et encore moins de SUNSTORM.
Alors autant dire que je n’attendais rien de cet énième album solo du chanteur talentueux, à la voix singulière et magnifique mais trop souvent desservi dans sa carrière pas des titres très moyens et peu mémorables. Mais bon …. déjà la pochette de l’album m’intriguait avec ce côté noir et inquiétant, de même que le nom du 1er extrait de l’album, « Belly Of The Beast » car tout cela semblait bien loin de l’univers du chanteur plus habitué à des titres sentant bon le sable chaud des plages californiennes et les mélodies sucrées.
Et dès les 1ères notes du titre, je me dis que j’ai du me tromper de disque ….car ce qui sort de mes enceintes sont des riffs ultra heavy, une batterie menée par la pédale de double grosse caisse qui claque … à cent lieu des mélodies sucrées de Bolton ou Peterik !
Mais dès que le chant arrive, pas de doute possible, on reconnait la voix du chanteur américain qui semble ne pas avoir changé depuis des décennies ! C’est très étonnant car le registre est heavy, ça claque à tous les niveaux avec une production moderne courtesy of Peter Tägtgren, musicien suédois connu pour être la tête pensante de HYPROCRISY, groupe de … death mélodique et aussi de PAIN, ces 2 groupes étant bien plus heavy que le hard rock AOR jusque là pratiqué par Turner. Idem pour le son résolument ancré dans les 00s .. les 80s sont très loins et c’est là que l’album peut diviser. Je dois bien l’avouer que je ne suis le plus grand fan de ce genre de son avec batterie trigguée, son étant compressé un max et ne laissant pas tellement de place à la dynamique. Tout sonne plus numérique qu’organique … mais étonnament, la pillule passe grace à la qualité des titres, aux mélodies de Turner faisant mouche à chaque fois et sa magnifique voix.
« Black Sun » est un clin d’oeil très réussi à son glorieux passé aux côtés de Blackmore , avec cet orgue au début du titre, la mélodie vocale qu’on croirait sortie de « Perfect Stranger » mais le tout mis en son de façon très moderne et actuelle, et ces choeurs puissants qu’on va retrouver sur quasi tous les titres. Le titre est ponctué de superbes interventions de 6 cordes.
Sur « Tortured Soul », le chanteur nous embarque dans une splendide pièce envoutante avec des couplets posés menés par la basse et des arpèges de guitare tandis que le refrain se veut à la fois heavy et grandiose avec ces synthés en fond très cinématiques, ces choeurs solennelles.
Turner n’hésite pas à aller sur le terrain d’un PAIN sur le remuant « Rise Up », avec ces riffs typiques du groupe suédois, cette basse distordue mais la voix de Turner rajoute cette bonne dose de mélodie rendant ce mariage parfait.
Mais l’américain nous rappelle quel chanteur à la voix d’or il est sur le très beau « Dark Night Of The Soul », commençant par ces très belles guitares harmonisées. Une power ballade magnifique sonnant très actuelle agrémentée encore une fois par un super solo de guitare, et qui fait le lien avec son passé plus mélodique.
« Tears Of Blood » est le petit frère jumeau de « Rise Up » tant les riffs se ressemblent mais la mélodie est bien différente avec un refrain très réussi. Un morceau bien heavy sur lequel on n’aurait jamais imaginé un Turner chantant dessus.
Les morceaux les plus réussis (et ceux que je préfère) sont les mid-tempi rappelant le passé purplien de Turner mis au goût du jour comme « Black Sun » déjà évoqué et aussi le très bon « Desire » et son tempo lourd et entêtant qui permettent au chanteur de donner de la voix et exprimer son talent.
Tägtgren est talentueux .. et intelligent et n’hésite pas à proposer un Turner un brulôt au tempo rapide digne des grandes heures de RAINBOW sur « Don’t Fear The Dark » hyper entrainant avec ces riffs de guitare se mélant à une ligne de clavier, et puis quel refrain imparable ! Les riffs deviennent plus heavy durant les soli où le soliste se lache.
Cet opus étonnant se termine par le très beau « Requiem », power ballade magnifique taillée pour la voix de Turner mais gardant un côté heavy avec ces grosses guitares bien heavy et avec un côté mélancolique peu joyeux se terminant par seulement quelques notes d’un orgue funeste.
Joe Lynn Turner a réussi l’exploit de sortir un album que personne n’attendait de lui grace à l’immense talent de compositeur, musicien et producteur de Peter Tägtgren, mais un opus réussi sur toute la ligne. Un mariage totalement improbable sur le papier mais qui prend tout son sens en écoutant cette musique à la fois heavy, sombre, moderne et toujours très mélodique portée par la voix magnifique de Turner dont je salue au passage le courage d’avoir évoqué publiquement sa maladie alopécie qui lui a fait perdre ses cheveux depuis l’age de 14 ans, n’hésitant pas à poser sans perruque, le crane chauve. Et cet album est un peu à l’image de cette nouvelle « transparence », nous montrant le fond de son âme assez sombre et ne voulant plus faire semblant.
Un très beau disque inattendu.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rate this review