RIOT : « Fire Down Under » (c) 1981

RIOT : « Fire Down Under » (c) 1981

Fire Down Under
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Publié: 09/02/1981
Il y a des fois des injustices qui pincent un peu le coeur. Prenez RIOT par exemple … voilà un groupe dont la talent n’a jamais fait de doute … avant-gardiste et ayant sorti au moins 3 albums parmi les meilleurs du genre … et pourtant …. leur carrière a été minée par la poisse, les incompréhensions et peut être des mauvaises rencontres ou plutôt pas les bonnes têtes qui leur auraient permis de conquérir le monde. Les new yorkais débarquaient en 1977 avec leur 1er album prometteur « Rock City » et on sentait déjà le fort potentiel du goupe avec notamment le sublime « Warrior », peut être le 1er morceau de speed metal, mais encore marqué 70s avec ce refrain magique »Shine, shine on, Warrior … » … et la musique du groupe plus heavy que ses compatriotes attira l’oreille du fameux DJ Neal Kay (vous savez, celui qui a lancé Maiden …) en Angleterre qui fit importer l’album et le diffusa en boucle dans les clubs londonniens … Le groupe américain devint la coqueluche des anglais et devant un tel engouement, le groupe aidé par le producteur Steve Loeb retourna en studio pour enregistrer leur 2nd album, « Narita » en 1979 (année où naissait la NWOBHM) .. le groupe avait le vent en poupe et partit en tournée en 1ere partie de Sammy Hagar aux US puis en Angleterre… et se vit offrir un deal avec une major, Capitol .. mais déjà la poisse pointait le bout de son nez et le groupe fut jeté par la major dès la tournée anglaise terminée… Il fallut la détermination du groupe et du soutien des fans anglais qui envahirent les locaux de la maison de disque en Angleterre pour que Capitol reprenne RIOT .. et fasse la promotion de « Narita » qui fit son apparition dans le Billboard 200. Un album sublime du début à la fin montrant la classe du groupe dans une musique à la fois heavy mais aussi ayant une finesse et un groove incroyable et bien sûr cette voix exceptionnelle, si touchante et gorgée de feeling de Guy Speranza. Et bien « Fire Down Under » reprenait là où « Narita » s’était arrêté en rendant leur musique encore plus heavy avec un son du tonnerre et bien ancrée dans les 80s mais n’ayant pas pris une ride et puis quelle usine à hits heavy .. Et ça commençait très fort avec ce « Sword And Tequila » … ce riff d’intro résumant tout … heavy et accrocheur en Diable .. puis cette section rythmique à la fois solide et groovy et bien évidemment la voix de Sperenza qui déjà brille de mille feux. L’un des meilleurs titres du genre à la mélodie imparable dégageant une énergie folle, un morceau fédérateur entré dans la légende du hard avec bien sûr les riffs et aussi ce solo parfait de Mark Reale avec juste ce qu’il faut de notes.
Pas le temps de reprendre son souffle que débarque la speederie énervée « Fire Down Under » 2nd hymne absolu du groupe et pour l’époque du rarement vu question agressivité. 2m30 de furie, de riffs qui s’entrechoquent, de soli bien sentis de Reale et ce chant formidale de Speranza. Mais quelle entrée en matière !!! En à peine 6 minutes et 2 titres, RIOT nous mettait à genoux !
Changement d’ambiance avec le lent, sensuel et très zeppelenien « Feel The Same » durant lequel les 2 guitaristes vont nous régaler les oreilles de leurs interventions à la six cordes et Speranza faisant étalage de son immense talent avec ici un côté soul et tellement plein de feeling dans sa voix.
Les américains repartent de plus belle avec « Outlaw », pour moi l’hymne absolu du groupe et mon titre préféré du quintet. Un riff qui a marqué toute une génération de fans de hard, un refrain addictif à souhait et un groove qui ferait swinguer un grille pain …une partie en twin guitars … et puis ce final avec la guitare de Reale éblouissante avec ces soli toujours en feeling. Un pur joyau.
Et le reste de l’album est du même tonneau alternant brûlots rythmés comme les très bons « Don’t bring me down » , « Run for Your Life » (arrf ce riff heavy et speed !), le très bon « Don’t look back » et ses parties de guitares magnifiques et quelle section rythmique et Speranza nous offrant une performance tellement juste avec sa voix donnant le frisson. Quand le groupe ralentit le tempo, cela donne un autre classique, le très beau et poignant « Altar Of The King » : ca commence très calmement avec ces si beaux arpèges de guitares de Reale avant que le morceau se lance avec encore une fois avec un riff d’anthologie produisant toujours le même effet boeuf 40 ans après sa sortie. Le rythme est entrainant, les riffs au top qui s’entrechoquent ici et là et bien sûr la voix si juste d’émotion de Speranza nous embarquant avec celle mélodie si bien trouvée et ces paroles épiques et quel refrain !
A noter que le dernier titre, « Flashback » est un hommage à Neal Kay le fameux DJ anglais de la NWOBHM grace à qui ils eurent un beau succès en Angleterre leur permettant d’enregistrer « Narita » et « Fire Down Under ».
En 10 titres, RIOT réussissait le Grand Chelem , l’album de hard parfait mariant à merveille le côté heavy, le groove et l’émotion au travers de mélodies et de riffs imparables. Ce qui ressort par rapport à ses 2 très bons prédecesseurs est un côté bien plus mordant et une ribambelle de hits qui ont marqué à jamais l’histoire du hard. Malgré tout, les galères poursuivirent le groupe .. leur maison de disques refusant au départ l’album ne le trouvant pas assez commercial. Après avoir bataillé et aidé encore une fois par leurs fans, le groupe put sortir cette pépite … mais sa promotion fut plombée par cette rélation houleuse avec la major.
Mais ce que l’histoire retiendra est ce chef d’oeuvre des new yorkais, avec un disque d’une telle classe, d’une telle musicalité et débordant d’énergie à rendre jaloux les groupes de la NWOBHM !
Restera également dans l’Histoire la mascotte affreuse du groupe qui apparut sur quasi toutes les pochettes des américains .. un véritable mystère .. qui fait aussi partie de la légende.
S’il ne devait rester qu’un seul album de l’imposante et tellement riche discographie de RIOT, ce serait ce « Fire Down Under ». Tout simplement l’un des tous meilleurs albums de heavy metal jamais sorti.

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