BRUCE DICKINSON : « Balls To Picasso » (c) 1994

BRUCE DICKINSON : « Balls To Picasso » (c) 1994

Balls To Picasso
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Publié: 03/06/1994

1993 avait été l’année de la rupture … Rob Halford annonçait son départ de Judas Priest, Anthrax laissait son thrash de côté, Helloween partait définitivement en sucette, le grunge avait la côte .. et puis bien sûr Bruce Dickinson quittait Maiden alors que personne ne s’y attendait, lui qui s’était de nouveau investi dans Maiden après un moment de flottement en 1990, avec « Fear Of The Dark » n°1 des charts UK, une tournée triomphante dont le point d’orgue fut leur tête d’affiche pour la 2nde fois aux Monsters Of Rock de Donington devant 72.000 fans. Bruce expliqua qu’il en avait eu marre de tout ce « cirque » autour du monde du heavy metal, se sentant de plus en plus enfermé dans ce style, ces fans et cette image ne lui convenait plus. Il partit avec l’idée en tête de faire quelque chose de complétement différent, voire à l’opposé et c’est ainsi qu’il alla aux Etats Unis bosser ses nouveaux titres avec le producteur Keith Olsen … et le résultat ne fut pas transcendant, une espèce d’electro pop rock qui rebuta sa maison de disques qui le renvoya bosser en lui suggérant expressement de revenir à un style pour lequel il s’était fait connaitre. Il rencontra à cette époque un certain Roy Z, guitariste / compositeur et producteur du groupe Tribe Of Gypsies avec lequel il décida de recommencer tout à 0.
Le résultat fut ce « Balls Of Picasso » que tout le monde attendait, ne sachant pas à quoi s’attendre surtout après les déclarations de l’ancien chanteur d’Iron Maiden.
Au final, on se retrouve avec un album de … heavy metal … certes un peu différent par certains aspects .. mais excellent. Il ne sonne pas comme du Maiden la plupart du temps, mais possède certains airs de Black Sabbath sur quelques titres, une atmosphère inquiétante comme sur le très bon « Cyclops » servi en entrée. On est de suite frappé par le parti pris de la prod et du son : cela sonne résolument moderne mais avec une côté rèche et sec (cette caisse claire !), des guitares accordées bas, une basse qui claque bien et bien sûr cette voix reconnaissable entre mille qui s’amuse entre les couplets calme en voix posée et le refrain énervé où l’on retrouve cette fameuse voix « Air Siren » de Bruce qui n’avait rien perdu de sa superbe. Mais cette musique n’est pas si facile d’accès .. on est loin du côté immédiat des titres de Maiden … ici dans cette 1ère piste le chanteur nous emmène en terrain mouvant avec cette ambiance inquiétante avec cette guitare voice-box dérangeante, le chant final et lointain de Bruce rajoutant à la noirceur du titre agrémenté ici et la pas des chouettes parties de guitares de Roy Z.
Ce côté lourd sabbathien continue avec « Hell No » avec cette fois ci un côté plus accrocheur et moins sombre comme sur le refrain et ces lignes mélodiques mystiques et orientales.
Comme sur beaucoup de titres de l’album, « Gods Of War » alterne couplets calmes avec un Bruce en douceur avec un refrain heavy toutes guitares heavy dehors. Le refrain est excellent avec le côté lyrique de Bruce qu’on adore et dont les « ohhh » rappellent Maiden ou ces 3 derniers albums solo. Le saccadé « Laughing in the hiding bush » étonne par certains aspects rappellant le vieux Savatage sur le refrain ou encore ces riffs saccadés encore une fois sur « 1000 Points Of Light » au refrain bien trouvé. Et quand Bruce décide de lever le pied, c’est pour nous embarquer dans 2 splendides ballades dans lesquelles nous ne pouvant qu’être charmé et bluffé par cette voix hors du commun, si belle et donnant le frisson dans le mi-acoustique « Change Of Heart » et ces petites interventions de guitares Roy Z tantôt acoustiques, tantôt électriques en son clair de toute beauté. Et bien sûr il y a l’un des chefs d’oeuvres de Mr Dickinson qui nous rappelle quel compositeur très talentueux il est également (rappelez vous .. Revelations, Flash Of The Blade, Powerslave ….) sur « Tears Of The Dragon » avec cette 1ère partie acoustique splendide avec l’une des toutes meilleure ligne de chant et prestations vocales de Bruce, aussi bien sur les couplets calmes que sur le refrain avec sa voix haute perchée … et que dire de ce break débouchant une accélération heavy avec Roy Z faisant le show et feux d’artifice de soli avant un nouveau petit break assez .. reggae de quelques secondes avant que le titre reparte. Ce morceau est un bijou.
Cependant tout n’est pas parfait sur cet album .. qui à mon goût aurait du rester dans cette ambiance sombre, heavy par moment avec des petits passages calmes mais toujours avec cette mélancolie colant bien avec le côté plus inquiétant de l’album..
Ainsi « Shoot All the Clowns » fait un peu figure d’ovni. Non pas que le titre soit mauvais .. au contraire, je le trouve très bon … mais son ambiance très hard rock proche d’un « Tattoed Millionnaire » avec Bruce rapant durant le break assez funky, ou encore ce « Fire » qui rappelerait presque les …. Guns dans certaines parties chantées par Bruce ou le final peu mémorable « Sacred Cowboys » ou Bruce nous refait un rap très moyen.
Au final Bruce revenait sur le devant de la scène avec un très bon album certes pas parfait (les 3 titres évoqués ci-dessus) mais bien loin de la purge évoquée ou annoncée par certains, avec une grosse première partie quasi parfaite dans une ambiance très heavy et sombre allant parfaitement au chanteur et qu’il reprendra pour son chef d’oeuvre « The Chemical Wedding ». Nous étions rassurés, notre hurleur préféré restait dans le giron du hard et laissait espérer un avenir radieux et redonnait le sourir à ses fans.

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