OZZY OSBOURNE : « Patient Number 9 » (c) 2022

OZZY OSBOURNE : « Patient Number 9 » (c) 2022

Patient Number 9
Catégorie:
Publié: 09/09/2022

Jamais je n’aurais pensé un jour écrire cette chronique …. disant beaucoup de bien d’un nouvel album d’Ozzy Osbourne. Est-ce bien raisonnable ? Suis-je devenu sourd ? Est-ce que le poisson mangé à midi était frais ? De quoi se poser beaucoup de questions … mais la réponse est simple : le mangeur de chauve-souris vient de sortir son meilleur album depuis TREEEEESSSSS longtemps. J’avais décroché depuis « No More Tears » .. que je trouvais déjà qu’à moitié réussi .. mais depuis, tous ses autres albums m’avaient ennuyé .. mais d’une force. Et là o miracle ! Je me retrouve à prendre un plaisir à l’écoute de ces 13 pistes … car oui elles sont toutes réussies .. pas de déchets comme ses précédents efforts depuis 25 ans. Je retrouve ici et là le Ozzy que j’aimais sur « The Ultimate Sin », à d’autres moments le Ozzy des meilleurs disques de BLACK SABBATH avec le chanteur anglais. Il y avait un léger mieux sur « Ordinary Man » mais je trouvais cet album sans trop de cohérence et souvent mou du genoux .. et puis j’avais du mal avec le son des guitares manquant de puissance et trop « synthétiques ».
Pour le 1er point, cette offrande d’Ozzy est bien plus heavy et remuante même s’il lève le pied sur quelques titres et n’a pas d’écart stylistique ici, l’ensemble est beaucoup plus cohérent et cela rend l’écoute de suite bien plus agréable. Pour le 2nd point, on retrouve encore ici et là ce son de guitare qui me fait saigner les oreilles sur « Parasite » mais la qualité du titre fait passer la pillule et puis quelle section rythmique avec cette basse de Robert Trujillo (METALLICA) très présente et Chad Smith (RED HOT CHILI PEPPERS) martyrisant bien ses futs.
Mais revenons à l’entame de ce disque, avec cette pièce très théatrale « Patient Number 9 » qui durant plus 7 minutes nous ramène le Prince Of Darkness qu’on aimait aux débuts des 80s. Un titre avec une ambiance inquiétante et avec une sacrée bonne mélodie (quel refrain !) et toutes ces interventions lumineuses de guitare de la part de Jeff Beck (surtout dans durant le break acoustique puis dans le final). Je ne m’attendais pas à tel titre passionnant de la part d’Ozzy … d’entrée de jeu il me met une baffe (« t’as vu gamin jurassico-marseillais, tu t’attendais pas à ce que le papy t’en mette une bonne hein ?? »).
Et ce n’est que le début … car Ozzy a fait appel à son frère d’arme, Tony Iommi sur 2 magnifiques titres marqués au fer rouge de l’emprunte de BLACK SABBATH. Le 1er est « No Escape From Now » commençant doucement à la « Planet Caravan » avec cette guitare en arpèges mi acoustique mi électrique et la voix déformée d’Ozzy, cette basse distordue avant que le gaucher moustachu plaque un riff lourd dont lui seul à le secret. Nous sommes replongés dans les 70s quand le Sabbat Noir nous embarquait dans des ambiances sombres dans un doom lourd et rampant. La mélodie est vicieuse, Iommi lache quelques licks de guitare ici et là pendant que la basse de Trujillo nous vrille les oreilles avec ce son distordu puis le guitariste balance un très bon solo avant de lacher un nouveau riff pendant que le tempo devient plus rythmé … Iommi balance une nouvelle salve de soli. Et puis quel final de fou avec ces riffs, ces soli ! Du très grand Sabbath … oopss Ozzy !!
La 2nde déflagration heavy avec Iommi est « Degradation Rules » nous mettant de suite dans le vif du sujet avec un riff ultra heavy …avec en fond un .. harmonica ! Le contraste est saisissant, étonnant mais cela sonne très bien. La section rythmique bastonne encore une fois .. pouvant rappeler ici les grandes heures de la paire Ward/Butler . La mélodie chantée par Ozzy est parfaite et se fond sans problème dans le morceau bien heavy et très rythmé qui nous remue bien et nous fait secouer la tête.
Une autre très bonne surprise est la participation d’Eric Clapton sur le superbe « One Of These Days » (rien à voir avec la pépite de Trespass). Ce titre est hyper accrocheur et addictif avec Clapton distillant ici et là des magnifiques interventions de six cordes dont lui seul à le secret. J’adore la dynamique du morceau avec les couplets posés et ce refrain plus rythmé et hyper bien composé. Les guitares sont moins heavy mais le tissu rythmique va bien au titre et puis ses soli de Clapton sont du caviar.
La seule ballade de l’album est plutôt réussie, « A Thousand Shades » avec une nouvelle fois Jeff Beck à la guitare pour une série de soli superbes.
L’ancien camarade de route d’Ozzy, Zakk Wylde a mis ses lignes de six cordes sur bon nombre de morceaux comme sur la très belle fausse ballade « Mr Darkness » alternant arpèges de guitare acoustique et riff heavy durant le refrain et durant son solo . Encore une fois la dynamique du morceau fait des merveilles avec un final bien énervé très réussi. « Nothing Feels Right » est également réussi, utilisant presque le même moule que « Mr Darkness » mais avec un peu moins de réussite. Il n’en reste pas moins un très bon titre.
« Evil Shuffle » quant à lui se veut bien plus heavy et typique du grand chevelu.

A noter l’intervention du guitariste de PEARL JAM Mike McCready sur « Immortal » à la rythmique bien trouvée et entrainante pour un titre dans un registre assez étonnant pour Ozzy avec McCready lachant les chevaux à la guitare rythmique et durant son solo.
L’album se termine par 2 titres (« Dead And Gone » et « God Only Knows ») on va dire assez standards faisant le job mais en dessous des autres titres et par un petit ovni court et bluesy « Darkside Blues » avec une steel guitar, cet harmonica et la voix « étouffée » d’Ozzy . Un petit délire bien sympa pour conclure l’album.
Comme quoi .. je n’étais pas spécialement parti pour écrire une chronique de cet album .. mais sa qualité étonnante m’a donné l’inspiration et a poussé ma plume à écrire plus de lignes !
Avec ce « Patient Number 9 », l’expression « jamais dire jamais » prend tout son sens car JAMAIS je  n’aurais pensé qu’un nouvel album d’Ozzy me pousserait à écrire tant de lignes pour en dire du bien. Cet opus est une franche réussite et je tire mon chapeau à ce grand bonhomme que j’aime bien charier, car même si je ne suis pas le plus grand fan de sa voix, j’ai toujours trouvé le personnage très attachant, ce côté enfant qu’il a encore à plus de 70 ans, ce côté déconnecté du monde … mais tellement généreux envers ses fans sur scène. J’ai l’impression qu’Ozzy a mis tout ce qu’il avait dans ce disque, comme un dernier baroud d’honneur accompagné d’artistes qui lui tiennent à coeur. Espérons qu’il y en aura d’autres, mais si ce « Patient Number 9 » devait être son chant du cygne, Ozzy Osbourne pourrait être très fier car il partirait une très bonne note avec un album en tout point réussi et allant titiller ses meilleures réalisations. Bravo.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Rate this review