MIDNIGHT RIDER : « Beyond The Blood Red Horizon » (c) 2022

MIDNIGHT RIDER : « Beyond The Blood Red Horizon » (c) 2022

Beyond The Blood Red Horizon
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Publié: 07/10/2022

Il y a (déjà) 5 ans je découvrais le 1er album des allemands de MIDNIGHT RIDER, « Manifestation » après avoir voulu m’intéresser aux projets parallèles des musiciens de METAL INQUISITOR, fantastique groupe de heavy metal ayant malheureusement jeté l’éponge durant la pandémie Covid. C’est ainsi que j’appris que le guitariste soliste et le bassiste de ce heavy metal band jouaient dans un groupe depuis …. 2008 ayant sorti un EP mais il fallut attendre 9 ans supplémentaires pour avoir un 1er LP de Midnight Rider entre les oreilles. Et autant vous dire que cette attente valait le coup car quelle régalade. On ne va pas se voiler la face, le groupe est fan du Judas Priest des années 70s et cela s’entend d’autant que la voix de Wayne fait irrémédiablement penser à celle de Rob Halford .. Fermer les yeux, c’est bluffant. Mais là où les allemands sont très forts, c’est qu’ils avaient réussi à bien digérer leurs influences pour produire des compositions de haut vol et ayant leur identité (essayer de résister à « Creature Of The Night » … impossible). Ce 1er opus était assez brut de décoffrage, très rentre dedans nous montrant la facette heavy du groupe.
Refaire le même n’aurait guère eu de sens et c’est la toute l’intelligence de MIDNIGHT RIDER qui vient avec ce nouvel album « Beyond The Blood Red Horizon » nous proposer une évolution de leur musique avec plus de variations et d’atmosphères différentes, mais attention, pas d’affolement, nous restons bien ancrés dans la fin des 70s avec l’ombre planante de la bande à Halford, mais cette fois ci avec plus de subtilités, des petits moments d’accalmie et aussi une production bien meilleure, un son d’une clareté incroyable avec tout le dynamisme et côté naturel qu’on est en droit d’espérer pour une telle musique. On sent que le groupe a énormément travaillé pour obtenir ce résultat sonor, notamment en enregistrant tout en analogique.
Et la 1ère piste « Beyond The Blood Red Horizon » résume parfaitement tout cela. On sent le groupe plus posé et moins énervé même si les riffs restent heavy ici et là mais on ressent une main de velour comme durant ce magnifique refrain . On est frappé par ce côté minimaliste du son durant le solo de guitare comme si le groupe jouait juste en face de nous dans notre salon. La section rythmique est une force du groupe avec Tim derrière les futs insufflant un sacré groove et que dire de la basse de Cliff aux avants postes et bien mise en avant dans le mix. Un titre d’une beauté envoutante (à l’image de la pochette) évoquant un monde futuriste dirigé par les machines (les paroles évoquent du reste Metropolis) pas si loin de nous finalement (à l’heure où une grosse société chinoise (NetDragon Websoft) est dirigée par un robot virtuel doté d’intelligence artificielle…).
On parlait de groove ? Essayez de résister à celui de « Majestic Warfare »…. vous sentez votre déhanchement venir avec ce riff de guitare ? Un titre entrainant comme pas possible avec solo de guitare poussiéreux parfait.
Le propos s’alourdit sur « No Man’s Land » nous ramenant pour le coup du côté de BLACK SABBATH avec de riff plombé de Blumi et le chant de Wayne suivant le riff de guitare durant les couplets. On se délecte aussi de cette basse si claquante et de cette voix vraiment magnifique et envoutante (« Goodbye to all the bloody past ») et que dire de cette succession de soli de guitare tout en feeling et très précis.
J’évoquais la variété d’ambiances de ce 2nd LP et bien le magnifique « Time Of Dying » en est la parfaite illustration. Le morceau commence calmement avec ces arpèges de guitares et chant au top de Wayne avant que le morceau parte sur un riff au groove incroyable et rythmé sur une dizaine de secondes avant que tout redevienne calme. Le groupe aime faire les montagnes russes dans ce morceau lui donnant une sacrée dynamique comme cette accélération durant les soli de guitares . Alors qu’on pense le tempo figé et énervé , le calme revient une dernière fois … juste pour mieux se préparer pour un final énervé. Que ce titre est bon et montre ce dont sont capables les allemands et autant dire qu’ils en ont sous le pied !
Et on s’en rend compte à l’écoute de la pièce centrale de l’album, l’épique « No Regrets » qui du long de ses quasi 7 minutes nous embarque dans un voyage en plein 70s mélant toutes les influences du groupe avec une avalanche des soli dantesques, des riffs ébouriffants sans passage calme cette fois ci, le groupe préférant jouer sur des transitions rythmiques parfaites et entrainantes et ce refrain lumineux étonnant. Quelle magnifique pièce.
Pour nous remettre de cette pièce riche, les allemands délivrent une pièce calme de toute beauté « Rising Dawn » avec ce riff de guitare à la distortion légère, ces quelques notes de guitares et bien sur ce chant tellement beau et prenant de Wayne. Beaucoup de mélancolie dans cette grosse minute assez introspective comme pour nous préparer à la tornade suivante « Demon » et son refrain vicieux et tellement accrocheur. Un morceau très entrainant nous donnant envie de lever le poing en gueulant « Demons – all around in my head » .
Sur « Your Parole », le quatuor va encore une fois nous régaler avec notamment un festival à la batterie de Tim (tous ses roulements de toms !) et des riffs rappelant tantot Judas Priest tantot Black Sabbath sur cet hymne à la vie des groupes sur la route jouant des concerts tous les soirs et se décrivant comme « A crashing metal monster, riding through the skies » .. et c’est exactement cela. Les riffs du Midnight Rider transpirent le heavy metal pure souche, celui de la fin des 70s / début des 80s sans aucun artifice et rajout superflu.
Alors que jusque là le rythme des titres était mi tempo, les allemands terminent leur album par un brûlot au tempo rapide très Deep Purple et on pense à « Burn » (le riff). « Always Marching On » est un sacré bon morceau nous montrant un groupe bougrement inspiré et à l’aise dans tous les registres qu’il aborde.
Après une suite de morceaux aux paroles pas très joyeuses et pas très optimistes, cette dernière piste nous fait relever la tête et nous incite à garder l’espoir « Never surrender, never stop – We are burning for pure rock » qui viendra par la musique 🙂
Ce 2nd album de MIDNIGHT RIDER passe à une vitesse incroyable. En à peine 41 minutes et 10 titres, les allemands ont réussi leur pari avec un disque encore plus réussi que leur 1er méfait, montrant une maturité de leur musique et une envie de ne jamais ennuyer leurs auditeurs et ils le gagnent haut la main. Un retour dans le passé plus que réussi avec un son, une interprétation et une science parfaite des arrangements nous ramenant dans les 70s mais avec un travail fait sur la prod permettant à l’ensemble de ne jamais sonner daté. Et quand en plus on rajoute le talent des musiciens et leur interprétation parfaite et gorgé de feeling avec un chanteur extraordinaire, nous obtenons la formule gagnante et certainement l’un des meilleurs albums sortis cette année.

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