SPELLBOOK : « Magick and Mischief » (c) 2020

SPELLBOOK : « Magick and Mischief » (c) 2020

Magick and Mischief
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Publié: 11/09/2020
Soyons fous … j’ai la plume qui me démange … Laissons de coté ces vieilles légendes un petit moment et penchons nous sur la jeune génération de groupes prenant la relève pour perpétuer la tradition de notre musique favorite, le hard. Ne croyez surtout pas tous ces vieux grincheux (et il y en a !!) ne cessant de dire « c’était mieux avant, il ne se passe jamais rien chez nous, il n’y a plus de bons nouveaux groupe de hard depuis 30 ans etc …. » car c’est faux, archi faux. Jamais la scène musicale hard n’a été aussi riche et active, tous les jours émergent des groupes au talent fou et inspiré (Night Demon, High Spirits, Blood Star, Coltre, Tentation, Meutrières, Electric Shock, Stonewitch, The Warm Lair, Ambush, Ironflame, Screamer, Iron Slaught, Greyhawk, Solicitor et tellement d’autres). Ainsi je vais m’attarder aujourd’hui sur le 1er album des américains de SpellBook originaire de York en Pennylvanie. Formé en 2007 sous le nom de Witch Hazel, le groupe a du changer de nom certainement à cause de leur homonyme anglais (très bon groupe également) mais par contre les ricains donnent dans une musique plus lourde et plus aventureuse que celle des anglais. Dès les 1ères notes de ce « Magick and Mischief » (sorti dans les bacs hier) et ces roulement de toms et ces harmonies de guitares, on repère immédiatement la virtuosité des musiciens … ici pas d’approximation, les 4 chevelus maitrisent leur sujet. Ce 1er titre « Wands to the Sky » nous replonge 45 ans dans la passé et nous montre des influences 70s (cet orgue par moment) avec Black Sabbath et Deep Purple en tête mais aussi NWOBHM (ces twin guitars). mais le groupe a du talent cela passe comme une lettre à la poste.
Changement de registre sur le très bon « Black Shadow » étonnant où on a l’impression d’écouter Deep Purple avec Ozzy au chant ! C’est assez bluffant … et ça le fait .. la guitare est heavy, un orgue hammond fait son apparition et puis surprise un solo d’ …. harmonica enchainé avec un solo de guitare. C’est déroutant, surtout avec cette voix de Nate Tyson qu’on croirait sortie du « Sabotage » de Black Sabbath ! Les musiciens s’éclatent et cela s’entend avec ce final avec l’harmonica qui revient.
La section rythmique me bluffe notamment sur ce début d’ « Ominous Skies » avec cette intro basse / batterie qui groove comme jamais avant qu’ Ozzy .. oops Nate Tyson et le riff bien lourd d’ Andy Craven lancent un morceau halluciné comme si Black Sabbath avait copulé avec Thin Lizzy .. et nom de Zeus que c’est bon. Ca joue sacrément bien, les breaks et cassures rythmiques rajoutent au plaisir de l’écoute et l’aisance des musiciens est bluffante (écoutez ce solo de guitare !).
Avec « Not Long for This World », SpellBook nous embarque durant 8 minutes dans une pièce à ambiances commençant par un riff doom d’une lourdeur implacable .. puis tout devient calme à 1minute avec cette basse « parlante » (quel son au passage !), des accords de guitare acoustique en fond et la voix magnifique de Tyson .. mais c’est pour mieux marquer le contraste lorsque le riff mamouth du début revient suivi de parties de guitares tout en feeling. Que c’est beau ! Nous sommes replongés dans les 70s à l’époque de Sabbat Noir et d’Uriah Heep (cet orgue en fond y faisant penser), les américains nous baladent, soufflent le chaud et le froid .. puis à 5 minutes le tempo s’accélère, Tyson hurle ses mélodies venimeuses (c’est pas possible de rappeler autant Ozzy !) sur un final ébourrifant.
La basse décidément à la fête sur ce disque lance le rythmé « Motorcade », suivi d’un riff heavy et saccadé. Que c’est bien composé et interprété ! Un break survient à 3min avec seule la basse qui tricote une bien belle ligne ..sur fond de bruits d’une course de voitures … puis la batterie monte en puissance petit à petit et le rythme repart, les guitares partent en harmonies magnifiques et très maidenniennes (de même que la basse pour le coup). Le groupe aime nous secouer dans tous les sens .. et c’est tant mieux, tellement ils le fond bien.
Le titre suivant est peut être mon préféré du groupe, « Amulet: Fare Thee Well ». Mené par un riff heavy mais moins plombé que sur le reste de l’album, et surtout par cette mélodie vocale de Tyson accrocheuse, ce titre se veut plus mélodique … et mélancolique mais toujours rythmé .. et puis 5 min tout s’arrête .. et seule reste une guitare acoustique, quelques notes de clavier ici et là , quelques notes basse terminant le morceau de la plus belle des façon.
Les 4 de York terminent leur 1er album sur … je ne sais pas trop comment appeler cela … on va dire une pièce de … free hard …
La pluie tombe, Tyson chante tel un crooner de cabaret sur des notes d’un piano, avec des voix discutant dans le fond .. du cabaret … C’est déconcertant mais prenant .. la batterie très jazzy avec des balais, la basse groove comme jamais et puis à 3 min … BIM, gros riff de guitare et morceau part sur un tempo rythmé avec un synthé en fond donnant une ambiance inquiétante, les mélodies et harmonies de guitares pleuvent .. on se demande où le groupe veut nous amener …3 minutes plus tard, retour au calme dans le cabaret … on entend de nouveau cette voix au loin du détective …quelques minutes .. Le titre va alterner cette ambiance calme, feutrée avec des montées en puissance soudaine tout le long de cette longue pièce étrange et prenante de plus 11 minutes. Ce titre est un véritable ovni .. mais complétement réussi.
Ce 1er album de américains de SpellBook est une franche réussite. Les 4 musiciens ne cachent pas leurs influences allant de Black Sabbath, Thin Lizzy en passant par Deep Purple et Blue Oyster Cult mais le succès de cet album est d’arriver à proposer une musique originale et superbement bien composée. Ce qui frappe également est la virtuosité des musiciens, flagrante avec des parties instrumentales absolument jouissives. Le groupe rend honneur à leurs influences mais ose s’aventurer, proposer leur propre mixture quelques fois surprenante et le résultat est époustouflant. Alors accrochez vous, ouvrez grand vos oreilles et découvrez la magie et la malice de ce livre des sortilèges 🙂

1 réponse

    « Deep Purple avec Ozzy au chant » 😀 Ouiii, c’est exactement ça !
    Superbe album, chef d’oeuvre !

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