EUROPE « Come This Madness » (c) 2026

J’ai toujours adoré Europe, depuis mes 14 ans en 1986 lorsque je découvrais le clip de « The Final Coundown » dans l’émission Top 50 de Marc Toesca sur Canal Plus en clair. Je m’étais fait offrir le 33t au Noël 86 et rapidement je découvrais leurs 2 premiers albums. Et depuis cette épope, soit il y a 40 ans, j’ai continué à suivre la carrière des suédois et ai assisté à leur évolution, leur split après « Prisoners in paradise » et leur reformation en 2004 avec un étonnant « Start from the dark » au son plus moderne se rapprochant du « Long Way Home » de DOKKEN sorti 2 ans auparavant et sur lequel avait participé John Norum. Les suédois avaient rajouté petit à petit dans leurs albums suivants des touches de leurs influences 70s en gardant un côté comptemporain dans leur musique sur les excellents « Secret Society » et « Last Look at Eden » mais à partir de « Bag of bones », le groupe replongeait et revisitait le hard 70s à leur façon et avec talent et inspiration, le point d’orgue (forcément !) avec le génial « War Of Kings » en 2015, et sur « Walk the Earth » de haut vol, avec un Joey Tempest principal compositeur et avec la voix toujours aussi reconnaissable et belle même si plus grave, l’age étant passé par là et un John Norum sacrément inspiré (le seul et unique guitariste du groupe, c’est lui !).
9 ans sans nouvelle musique du groupe, cela pouvait soulever des questions, inquiéter sur l’avenir du groupe, sur un éventuel manque d’inspiration ou une envie prochaine de jeter l’éponge.
Et bien rien de tout cela, 2026 voit le retour des 5 suédois dans une forme olympique avec leur 12ème album « Come This Madness » sorti ces jours ci. Alors est ce une suite de leurs précédents opus dans un registre hard 70s ? Une proposition plus moderne ? Un retour au hard des 80s ? Et bien c’est un peu de tout cela, comme si le groupe s’était astreint juste à écrire des bonnes chansons sans essayer de les faire sonner 70s ou 80s ou autre. Et bien leur en a pris. 11 titres, 41 minutes, cela peut sembler peu mais ici tout est absolument magnifique, indispensable. Quand un album passe si vite à l’écoute en ne procurant que du bonheur, c’est que le groupe a gagné son pari.
Cela commence avec une note orchestrale sur « One On One » avant que le basse de John Leven déboule et nous vrille les oreilles. A noter l’effort dans le mix fantastique de Mike Frazer (Aerosmith, AC/DC, Rush, The Cult, Dio, Metallica, Van Halen etc…) pour mettre la basse en avant et surtout bien audible, cela rajoutant un sacré relief au son de l’album. Un morceau super efficace mené par cette basse, un léger clavier, les riffs de Norum qui balance un magnifique solo avec virtuosité mais avec toujours la mélodie qui prime. Et bien sur le chant parfait de Tempest avec une mélodie super efficace. Un titre illustrant parfaitement le mix du côté accrocheur des 80s et un côté un peu plus moderne (le riff de Norum) rajoutant du mordant au morceau.
Le groupe nous régale avec « The Cult of ignorance » et son refrain bigger than lile (clin d’oeil à Gilles Lelouche !) et un petit riff qui a tendance à me rappeler celui de « The Writing of the Wall » de Maiden . A ce propos, la vidéo de ce titre est à voir absolument avec une pléiade de célébrités suédoises, musiciens, acteurs et sportifs. Quel hit avec cette ligne de clavier très 80s justement.
Avec « Come To Madness », Europe surprend avec ce riff bien heavy lançant le morceau avant que la tension ne retombe, avec cette voix grave de Tempest portée car cette basse super présente (j’adore !!) durant les couplets avant que le gros son réapparaisse durant ce superbe refrain. C’est ce que j’adore avec Europe, sa capacité à arriver à surprendre. Alors qu’on les avait quitté dans une ambiance 70s à la Rainbow, on les retrouve ici avec des refrains 80s accrocheurs et et des ambiances plus heavy et modernes comme sur ce titre : écoutez moi le solo de Norum avec la musique, la section rythmique qui dépote grave derrière.
3 titres, 3 ambiances différentes et l’exploration musicale se poursuit avec le très beau et émouvant « This Time of Year », mené par ce clavier / piano et le chant poignant de Joey Tempest, ce solo bourré de feeling et son unique de Norum, sur ce texte plein de nostalgie et d’espoir témoignant certainement d’un passé jonché de ruptures et de disparitions mais ne devant jamais nous enlever l’envie de se relever et de continuer d’avancer.
« In A Different World » est mené par un très bon riff de guitare (Norum est à la fête durant tout l’album), l’ambiance est une nouvelle fois guère joyeuse durant les couplets, le refrain est plus lumineux avec ces choeurs, puis suivient un break inattendu avec toujours cette basse et ce touché fantastique de Norum sur une belle série de soli. Le groupe a un talent fou pour en moins de 4 minutes proposé tellement de choses avec tant de réussite.
Une section à cordes démarrent magnifiquement « Scandinavian Eyes » comme pour mieux tromper l’auditeur car déboule un riff et une partie rythmique très Deep Purple rappelant les 2 précédents opus du groupe. Difficile de ne pas secouer la tête et prendre sa guitare en carton. On le sait, le groupe excelle dans ce genre d’exercice et cela fonctionne à la perfection. Et que dire de ce solo de synthé et ensuite solo de Norum. Le groupe a un talent fou dans la façon de composer leurs titres, il se passe tellement de choses dans chacun d’entre eux, peu d’autres groupes leur arrive à la cheville.
Et cela ne va pas s’arrêter avec le génial « Takin’ It Back » commençant avec ces harmonies guitare / synthé de toute beauté avant que la musique parte sur un tempo rythmé, et puis ce refrain juste fantastique qui me transporte ponctué par un riff par piqué des vers de Norum (quand je vous parle de la richesse de la musique des suédois !). Le tempo s’emballe durant le solo avec une petite rythmique maidenienne je trouve. Un joyau proposé par le groupe dans une forme de malades !
Petit interlude mélodique et posé avec seulement le chant mélancolique, le synthé et partie symphonique sur le très beau « In the Absence of Grace ».
Un énorme riff de Norum lance « The Angels Must Have Flown » avec ce clavier inspiré de Mic Michaeli donnant un léger côté oriental ici et là.
Le chant de Tempest est un peu plus vindicatif sur ce titre durant les couplets, mais c’est Norum ici (co compositeur du titre) qui se taille la part du lion avec ces riffs heavy et ce solo inspiré.
Décidemment question riffs nous sommes gâtés car Norum nous en sert un sacrément bon pour lancer le très hard « The Devil’s Back » . Ici un orgue se pose pour accompagner la rythmique et la batterie solide de Ian Hangland . Un excellent brulot qui remue, swingue et qui rappelle qu’Europe a toujours su envoyer la sauce quand il le fallait !
Cet opus se termine par « Nothing Can Follow This » dont les quelques notes de piano du début sonnent un peu comme celles du début de « Tears of the dragon » de Bruce Dickinson, mais le reste du morceau est du pur Europe avec un petit côté oriental une nouvelle fois ici et là. Les couplets sont soutenus par cette basse décidémment très présente, par le chant empli de mélancolie de Joey tandis que le refrain voit débarquer la puissance du groupe avec ce duo guitare/clavier de toute beauté.
Les musiciens nous offre aussi avec le solo réussi de guitare, un petit passage magnifique avec des choeurs de toute beauté.
La dynamique dans un même morceau, c’est quelque chose que le groupe a compris et a réussi à merveille tout au long de ces 11 pièces d’orfèvre et qui rajoute au plaisir d’écoute de cet album.
EUROPE est revenu très fort avec un album en tout point remarquable, d’une très grande qualité, d’une inspiration folle, d’une musicalité jouissive, et en arrivant à se renouveler. Aucune redite avec leurs disques précédents, les suédois continuent leur route comme bon leur semble en prenant le temps pour nous proposer une musique 5 étoiles. Certainement l’un de leurs meilleurs albums, rivalisant facilement en terme de qualité et d’excellence avec « War of kings » ou « Wings of tomorrow ». Certainement mon album de l’année.
| 1. | One on One | 03:42 |
| 2. | The Cult of Ignorance | 03:31 |
| 3. | Come This Madness | 04:02 |
| 4. | This Time of Year | 04:05 |
| 5. | In a Different World | 03:45 |
| 6. | Scandinavian Eyes | 04:51 |
| 7. | Takin’ It Back | 03:46 |
| 8. | In the Absence of Grace | 01:28 |
| 9. | The Angels Must Have Flown | 03:45 |
| 10. | The Devil’s Back | 03:47 |
| 11. | Nothing Can Follow This | 04:38 |
| 41:19:00 |





