ANTHRAX : « Spreading The Disease » (c) 1985

ANTHRAX : « Spreading The Disease » (c) 1985

Spreading The Disease
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Publié: 30/10/1985
Comprenant qu’il fallait passer la vitesse supérieure, avec Metallica et Slayer ayant pris leur envol, Megadeth et Exodus venant de tirer leur 1ere cartouche imparable, ANTHRAX changea leur formule initiée avec le pourtant réussi « Fistful Of Metal » mais pas au niveau d’un « Ride The Lightning » ou d’un « Hell Awaits ». Exit Turbin et Lilker et welcome Belladonna et Bello, et au revoir le thrash primaire de leur 1er essai et bienvenue à un heavy thrash plus travaillé avec ce côté mélodique caractéristique des américains par rapport à leurs concurrents avec cette voix haute perchée de Belladonna atypique dans ce genre de musique, plus habituée à des grogneurs peu enclins à la mélodie.
Les 2 fabuleux premiers titres vont planter le décors et définir ce qu’allait être la musique d’ANTHRAX dès à présent et pour les années à venir : un sens du riff thrash et accrocheur à la fois .. avec cette intro de « A.I.R » .. donnant envie de … mosher instantanément, la batterie épileptique de Benante faisant claquer sa pédale de double grosse caisse, la basse claquante de Bello bien mise en avant dans le mix, ces soli mélodiques et dissonnant à la fois de Spitz et bien évidemment cette voix unique de Belladonna toujours très mélodique permettant au morceau d’être si accrocheur et contrastant avec les riff complétement thrash de Scott Ian. Ce 1er titre est absolument dantesque, addictif … une incitation à faire des bonds dans votre salon ! L’hymne thrash pas excellence.
Les américains montrent leur côté plus mélodique sur le mid tempo bien heavy « Lone Justice » introduit par la basse de Bello qui a rapidement trouvé sa place dans le quinquet new yorkais. Ici les riffs sont moins thrash mais par contre bien heavy metal. Un titre très entrainant avec encore un fois un Belladonna portant le morceau avec sa voix et une ligne de chant parfaite et si bien trouvée. Un chanteur vraiment trop souvent sous estimé et qui a toujours tiré le groupe vers le haut et ayant donné tant de personnalité aux titres d’ANTHRAX.

Sur cet 2nd opus, Anthrax n’a pas encore totalement laché les chevaux comme sur « Among The Living » qui se voudra bien plus speed et thrashy, et c’est ce qui, je trouve, donne beaucoup de charme à ce « Spreading The Disease » navigant sans cesse entre 2 eaux, celle du heavy metal et celle du thrash / speed metal comme leur génial hit « Madhouse » typiquement heavy durant les couplets et subissant une grosse accélaration avant le refrain. Les musiciens ont un sacré sens de l’écriture pour pondre des hits heavy/thrash addictif comme pas possible.

Une autre force du groupe est leur art pour des intros imparables. On l’a constaté déjà sur « A.I.R » mais que dire avec ce « S.S.C » qui introduit le très speed metal « Stand Of Fall » avec Belladonna très mélodique sur fond de riffs tranchant de Ian et des avalanches de soli de Spitz .
Sur « The Enemy », nous sommes en terre heavy metal lourd et conquérant. Un mid-tempo épique pas si éloigné des groupes purement heavy de l’époque, donnant envie de lever le poing. Une accélération bien sentie arrive préparant le solo et donnant une belle dynamique au morceau.
Après ces escapades heavy, Anthrax revient à leurs 1ers amours thrash avec le rythmé « Aftershock » aux riffs typiquement Ianien, tranchants et saccadés, ces changements rythmiques remuant.
Certainement inspirés par le « Fade To Black » de Metallica, Anthrax se fend d’une superbe power ballade « Armed & Dangerous » avec ce début à la guitare acoustique et le chant hyper mélodique de Belladonna avant que ne débarque un riff heavy à 2minutes et que le tempo s’accélère. Le reste du morceau est rythmé mais en gardant toujours ce côté mélodique bien venu incluant même des harmonies twin guitares vers la fin. Magnifique titre.
L’une des grandes forces des américains sur cet album est leur sens de l’accroche et de la mélodie imparable et c’est tellement évident sur la pépite « Medusa », mid-tempo au riff bougrement heavy, cette ligne vocale très réussie de Belladonna durant les couplets, ce refrain captivant .. et puis que dire ces soli aux guitares doublées si bien venus.
Comme pour annoncer la furie à venir d' »Among The Living », Anthrax terminait l’album sur le frénétique et thrash « Gung-ho » sans concession, le titre le plus violent du disque et véritable incitation à secouer la tête comme un maniac !
En 9 titres, les new-yorkais d’ANTHRAX avaient réussi leur pari et confirmaient leur statut de leader de ce nouveau mouvement d’excités du riff avec Metallica, Slayer, Megadeth et Exodus, mais ce démarquant avec ce côté plus mélodique et parfois sautillant.
J’ai toujours eu du mal à estampiller cet album « thrash metal » (à l’inverse du 1er ou de surtout « Among The living ») car ce qui ressort avant tout et majoritairement ici est un heavy metal souvent mid-tempo .. mais il est vrai bougrement puissant, avec quelques accélérations ici et là plus speed metal qu’autre chose. Mais peu importe l’étiquette, car on retiendra surtout de ce « Spreading The Disease » une inspiration de tous les instants, un sens du riff imparable, une forte identité donnée par Belladonna , chanteur providentiel apportant la mélodie nécessaire pour rendre les titres mémorables.
Un très grand album.

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